La détection des essais nucléaires à la loupe

Publié le : 29 novembre 2008
Print Friendly



Lorsqu’un test nucléaire a lieu quelque part sur Terre, les stations sismiques de par le monde en sont
immédiatemment informées. La veille nucléaire fit ses premiers pas en 1949 lors du premier test nucléaire soviétique dans le Kazakhstan, détecté par l’aviation américaine grâce à un
échantillonnage aérien à très haute sensibilité isotopique au-dessus du Pacifique.

Depuis, différents procédés ont été développés pour « renifler » la radioactivité consécutive à une
explosion atomique, détecter son « flash » et percevoir ses vibrations dans le sous-sol, dans les airs et dans l’eau.

Dans le cadre du Comprehensive Nuclear Test Ban Treaty négocié dans les années 90, un réseau mondial de
500 stations de veille simisque effectuent également la veille nucléaire. A cette fin, les scientifiques ont développé des techniques permettant de distinguer une explosion atomique d’une
secousse sismique.

Une explosion atomique se propage omnidirectionnellement dans le sous-sol en générant

une puissante onde de compression, tandis qu’une secousse sismique est produite par des roches glissant les unes
sur les autres le long d’une ligne de faille, produisant une forte onde de cisaillement. Plus rapides – 6 km/s près de la surface, 13 km/s près du noyau – et caractérisées par un grondement
sourd, les ondes de compression (ou ondes P) sont les premières à être enregistrées par les sismogrammes, suivies par les ondes de cisaillement (ou ondes S) absorbées par le manteau terrestre et
ne se propageant pas dans les milieux liquides.

Tels trois satellittes GPS indiquant votre position sur la surface terrestre, un trio de sismogrammes établit la
différence des temps d’arrivée entre les ondes P et S, calcule leurs vitesses respectives et de facto localise l’épicentre de la secousse sismique. La fréquence spectrale et la distance parcourue
par ces ondes dans le manteau terrestre complètent et affinent d’autant les données précédentes.

En général, si l’onde de compression P se révèle plus puissante que l’onde de cisaillement S, une explosion
nucléaire (ou conventionnelle de très forte intensité) a eu lieu quelque part.



La sensibilité
sismographique et la localisation géographique d’une station entrent également en jeu, d’où la nécéssité d’en multiplier. Selon le National Academy of Sciences, les stations sismiques
principalement situées en Asie, en Afrique et en Europe détectent régulièrement des explosions équivalentes à plusieurs dizaines de tonnes de TNT. A titre de comparaison, le test nucléaire
nord-coréen de l’automne 2006 fut précisément estimé à un kilotonne, le premier essai du projet Manhattan en 1945 à 21 kilotonnes.

Toutefois, plusieurs techniques plutôt complexes permettent de leurrer la veille nucléaire sismique. Le
« leurrage minier » consiste à camoufler l’explosion atomique en détonant simultanément de très nombreux explosifs utilisés dans l’extraction minière. Le « découplage »
déclenche l’engin nucléaire dans une cavité souterraine spécialement conçue à cette fin. Ainsi, au lieu de pulvériser les structures rocheuses immédiates, l’explosion compresse d’abord les gaz
underground, réduisant son signal sismique d’environ 75%.

Les ratios d’isotopes radioactifs, notamment de particules de xénon dans l’atmosphère, constituent également
« l’odeur typique » d’une explosion atomique. Les tests nucléaires effectués dans les profondeurs océaniques produisent des ondes de pression infrasoniques jusque dans les airs,
aisément décelables par les 11 stations hydroacoustiques et les 60 stations infrasoniques du International Monitoring System. Enfin, des satellittes ou des sondes bardés de capteurs
électromagnétiques peuvent détecter la signature rayons-X d’une explosion d’un kilotonne même à une distance équivalente à celle Terre-Soleil.

L’humanité devra longtemps faire avec les armes nucléaires. Cependant, on peut se féliciter de leur réduction
quantitative depuis la fin de la guerre froide : 31 000 têtes nucléaires aux Etats-Unis en 1966, 45 000 en Russie en 1986, environ 5400 pour l’aigle et 5200 pour l’ours en 2007 selon le
Bulletin of Atomic Scientists. Malheureusement, l’un comme l’autre développent des missiles balistiques disposant de têtes multiples, chacune programmée pour viser une cible
particulière.

Le fameux Strategic Arms Reduction Treaty (START) expirant en 2009, tout semble indiquer que Russie et
Etats-Unis dépasseront leurs récentes tensions géopolitiques – du fait de l’implantation du bouclier antimissile américain en Europe centrale et la crise géorgienne – afin de renégocier ce
traité. Qu’en sera-t-il lorsque de nombreux pays plus ou moins émergents auront à leur tour acquis l’arme atomique ?


(tiré de l’article
de Charles Bwele)

 

Articles liés
Plainte aux Etats-Unis: Bank of China accusée de travailler pour le Hamas
Les familles de cinq des étudiants tués lors de l'attaque terroriste de 2008 à la Yeshiva Merkaz Harav à Jérusalem, ont intenté un procès contre la Banque de Chine pour avoir fait des transfert d'argent ...
Lire tout l'article
Installation syrienne détruite par Israël en 2007
Basé à Londres, le journal Al-Hayat a révélé dimanche une correspondance entre le chef de de l'International Atomic Energy Agency (AIEA) Amano Yukiya et le Secrétaire général  de l’ONU Ban Ki-Moon. Yukiya y écrit que ...
Lire tout l'article
Le Prix Nobel de médecine décerné à… 3 Juifs !
J'en vois déjà qui parlent de complot... De manipulation... Mais que peut-on y faire ? Il y a sur terre (plus ou moins) 15 millions de Juifs et ils sont obligés de gagner des Prix ...
Lire tout l'article
Guerre à l’UMP: déjà deux candidats du parti pour les législatives dans la 8ème circonscription !
Scoop JSSNews: Après la guerre Copé-Fillon qui a fait la une des journaux français pendant un certain temps, voilà que la 8ème circonscription des Français de l'étranger devient un enjeu de lutte pour les candidats ...
Lire tout l'article
Un tournant dans le rapport à l’antisémitisme – Par Shmuel Trigano
Deux événements se sont produits récemment qui pourraient constituer un tournant dans le rapport à l’antisémitisme, que les Juifs ont vécu depuis 12 ans dans la solitude et l’incompréhension de l’opinion parce qu’il n’était pas ...
Lire tout l'article
Juifs berbères
C'est vers l'an 70 av. JC que les premiers juifs (en nombre) arrivèrent en Numidie. Peu d'algériens le savent, tout comme ils ignorent une partie de leur histoire. Selon les historiens, ils ont fui la Palestine ...
Lire tout l'article
Si les juifs de France vont mal, c’est la France qui va trinquer
Pour son livre "Heureux comme juifs en France ?", le sociologie Erik Cohen a rassemblé un certain nombre d’interviews. Celle que l’on va lire ci-dessous d’un homme d’affaires d’origine tunisienne est particulièrement intéressante. Nous avons rencontré en ...
Lire tout l'article
Le président du Parlement palestinien dominé par le Hamas, Aziz Doweik, vient d'être libéré après avoir purgé une peine de trois ans de prison. "Il a été libéré de la ...
Lire tout l'article
An American professor has become the first Jew to win the King Faisal International Prize in Medicine, popularly known as the "Arab Nobel Prize." Stanford ...
Lire tout l'article
Le JT israélien du 6 mars 2013, traduit en français
En exclusivité pour JSSNews et Jérusalem+, notre partenaire d’Aroutz 2 nous offre la possibilité de traduire leur JT de 17 heures en français. L’info israélienne, vu par les Israéliens, faite par des Israéliens… Mais en ...
Lire tout l'article
Plainte aux Etats-Unis: Bank of China accusée de travailler pour le Hamas
Cinq mois après JSSNews, l’ONU découvre d’autres installations nucléaires en Syrie
Le Prix Nobel de médecine décerné à… 3 Juifs !
Guerre à l’UMP: déjà deux candidats du parti pour les législatives dans la 8ème circonscription !
Un tournant dans le rapport à l’antisémitisme – Par Shmuel Trigano
L’Algérie, le judaïsme et l’antisémitisme
Si les juifs de France vont mal, c’est la France qui va trinquer
Nouveau geste de bonne volontée israélien
US Professor becomes First Jew to win Arab Nobel Prize
Le JT israélien du 6 mars 2013, traduit en français