Procès Demjanjuk: certainement le dernier procès des nazis

Rédigé par JSS le Nov 29th, 2009 and filed under Divers, ONU - AIEA - Institutions Internationales. Vous pouvez suivre les réponses à cet article grâce au RSS 2.0. Vous pouvez laisser une réponse ou un trackback à cet article

demjanjuk1John Demjanjuk, un apatride d’origine ukrainienne âgé de 89 ans, est jugé à partir de lundi à Munich pour participation au meurtre de 27’900 juifs dans un camp d’extermination en 1943. Son procès risque d’être l’un des tous derniers contre les nazis. Bien que beaucoup d’entre-eux sont encore en vie, la justice internationale ne semble pas très active rendre sa punition.

Cela devrait être un des derniers grands procès du nazisme.

Cet homme qui figure en première place sur la liste des criminels nazis établie par le Centre Wiesenthal est accusé d’avoir été garde du camp d’extermination de Sobibor, aujourd’hui en Pologne. Demjanjuk a échappé à la peine capitale il y a près de 20 ans en Israël, à l’issue d’un procès pour des faits comparables. Il nie les faits en bloc, et risque la prison à vie.

Témoins décédés

Expulsé en mai des Etats-Unis où il vivait depuis 1952, après une longue bataille judiciaire notamment concernant sa mauvaise santé, il a finalement été considéré comme apte à être jugé par les justices américaine et allemande. Ce procès se déroule à Munich car l’accusé a vécu en Bavière après-guerre.

En tant que gardien au camp d’extermination de Sobibor de mars à septembre 1943, il aurait aidé à gazer des déportés, essentiellement d’origine néerlandaise.

Toutefois aucun des très rares survivants du camp présents au procès ne dit avoir vu personnellement Demjanjuk, et les témoignages directs dont dispose l’accusation sont ceux de rescapés aujourd’hui décédés. Les parties civiles, une trentaine, sont majoritairement des enfants de déportés gazés à Sobibor.

Carte d’identité

En Israël, il avait été condamné à mort en 1988 pour avoir été gardien au camp de Treblinka sous le sobriquet d’Ivan le Terrible. Mais il avait ensuite été acquitté en raison de doutes sur son identité.

L’accusation affirme cette fois être sûr de son fait. Elle est en possession d’une carte d’identité établie par les SS au nom de Demjanjuk, faisant état de son transfert depuis Trawniki, où étaient formés des gardiens de camp de concentration, à Sobibor.

En outre, le tribunal israélien puis la justice américaine, lorsqu’elle l’a privé de sa nationalité pour avoir menti sur son passé, ont estimé qu’il avait été gardien de camp de concentration, notamment à Sobibor.

Contre son gré

John Demjanjuk affirme, quant à lui, avoir été capturé en 1942 alors qu’il servait dans l’Armée Rouge et avoir passé le restant de la guerre dans des camps de prisonniers avant d’émigrer aux Etats- Unis où il a travaillé dans des chaînes de montage automobile à Cleveland.

L’un de ses trois enfants a affirmé à l’AFP qu’il n’existait «pas la moindre preuve que (son) père ait fait le moindre mal à qui que ce soit, ou qu’il ait assassiné qui que ce soit où que ce soit».

Son avocat munichois Ulrich Busch a néanmoins fait une étrange déclaration. Il a expliqué que si l’accusé avait été à Sobibor c’était contre son gré, et qu’il ne pouvait donc être tenu responsable des crimes qui y ont été commis.

La défense a demandé en vain que le procès se tienne à huis-clos afin d’éviter que l’accusé, qui souffrirait de nombreux maux, dont une maladie de la moëlle osseuse, ne coure le risque d’être contaminé par des virus. Les audiences ont été limitées à deux séances de 90 minutes chacune, trois jours par semaine au plus.

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