Tadeusz Pieronek eut mieux fait de se taire. Mais cet évêque polonais à la retraite a saisi l’occasion que lui offrait un site catholique traditionaliste pour accuser les juifs d’user de la Shoah comme « arme de propagande », allant jusqu’à la qualifier d’« invention juive ». À la veille du 65e anniversaire de la libération du camp d’extermination d’Ausch- witz, le 27 janvier 1945, cette déclaration d’un ex-proche du pape Jean-Paul II et ex-porte-parole de l’épiscopat polonais fait tache, à l’heure où les plus hautes autorités israéliennes, en visite en Pologne et en Allemagne, dénoncent « une montée de l’antisémitisme dans le monde ».
Dans l’esprit du président israélien Shimon Peres et de son Premier ministre Benyamin Netanyahou, ce regain de haine des juifs vise avant tout ce « nouvel Hitler », Mahmoud Ahmadinejad, dont les menaces réitérées de détruire l’État d’Israël sont la première préoccupation des chefs israéliens et d’une population où vivent 230 000 rescapés de la Shoah. « Le monde entier a vu le retour d’Adolf Hitler : cette fois, il est barbu et parle persan, mais ce sont les mêmes mots, les mêmes objectifs et la même détermination à les atteindre », avait déclaré l’an dernier le président de la Knesset, après une diatribe anti-israélienne d’Ahmadi- nejad.
Celle du prélat polonais se veut plus mesurée : il se contente de parler d’une « appropriation » de la tragédie, en soulignant la présence « de Tsiganes, de Polonais, d’Italiens, de catholiques » parmi les victimes, ce que personne d’ailleurs ne conteste. Mais Tadeusz Pieronek est allé plus loin en dénonçant l’« arrogance insupportable » de juifs appuyés « sur une bonne presse, de puissants moyens financiers, l’appui inconditionnel des États-Unis », et qu’il accuse de traiter les Palestiniens « comme des animaux ».
Ces remarques puisées dans le registre habituel antijuif font dire à Élisabeth Roudinesco, auteur d’un essai récent sur l’antisémitisme (1), qu’on est ici « en face d’un véritable discours d’antisémitisme masqué » : pour l’historienne de la psychanalyse, faire porter une fois encore la faute sur les juifs en les accusant de s’approprier la Shoah à des fins de propagande est inadmissible. Tout comme l’est l’amalgame entre l’extermination des juifs par les nazis et le traitement des Palestiniens par les Israéliens.
Peres, discours en hébreu
En visite officielle hier à Varsovie, Benyamin Netanyahou n’a pas fait allusion à ces propos. Le Premier ministre israélien, qui avait dénoncé à son départ de Jérusalem « de nouveaux appels à l’extermination du peuple juif », a visité le musée de la Résistance polonaise, qui fit 200 000 morts. Il s’est incliné au monument à la mémoire des 300 000 juifs de Varsovie déportés à Treblinka et a rencontré des Justes ayant risqué leur vie pour sauver des juifs. Avec son épouse Sara, dont le père perdit sa famille dans la Shoah, accompagné par d’anciens déportés, Benyamin Netanyahou doit aller aujourd’hui au camp d’Auschwitz- Birkenau, où périrent 1,1 million de gens, dont un million de juifs.
De son côté, le président israélien Shimon Peres, en visite d’État de trois jours à Berlin, doit prononcer, ce mercredi, devant le Parlement allemand réuni en session spéciale, un discours en hébreu qui doit s’achever « sur sa vision et son espoir pour l’avenir d’Israël, de l’Allemagne et du Moyen-Orient ».
(1) « Retour sur la question juive » (éd. Albin Michel, 2010).
ramuncho
27 janvier 2010 a 12:14
les nations du monde ne sont pas capables de tenir un langage ferme devant ce nouvel Hitler. Elles ne sont pas capables d’agir devant le danger que represente Ahmadindjad pour le monde, qu’il soit d’orient ou d’occident.
jacqueline
27 janvier 2010 a 12:32
je conseillerais au Mossad d ‘ éliminer ce fürher avant qu ‘il ne nous élimine !
et d ‘en faire de même au fanatique religieux Khaméneï , qui mène son peuple
droit dans le mur … voilà bien longtemps qu ‘il n ‘ y as pas eu de règlement de compte ciblés ..et faire deux pierre d ‘un coup , ce serait pas si mal , pour tout le monde ..ce Ahmadinejad est fou furieux hyper dangereux pour toute la région du moyen et proche-orient ..Pan entre les deux yeux !!!
jacqueline
27 janvier 2010 a 14:27
si mes yeux étaient des mitraillettes je le fusillerais sur place ce fürher …et son
Ayatollah avec …!! AUCUNE de pitié pour ce genre d’ ordure
makha
27 janvier 2010 a 15:27
Il y a beaucoup de similitude avec les discours nazis mais je fais confiance aux
dirigeants israéliens,la guerre contre les clones d’hitler viendra et durera moins
de six jours et elle se terminera par la vitrification de Téhéran et de ses barbus…
Ce sera la plus courte guerre du monde avec des effets dévastateurs….
josyfeit
27 janvier 2010 a 16:00
Mr Peres, il eut ete judicieux de commencer votre discours en Yiddish ( Votre langue maternel) et puis apres en Hebreu !!!! Un respect pour tous nos morts!!!
andre
27 janvier 2010 a 18:46
La premiere fois que j’ai visite Yad Vashem, en 1971, j’ai vu dans la zone
»histoire et temoignages photographiques » une petite salle consacree a l’extermination des Tziganes. Je suppose qu’elle est toujours en place: ne conviendrait-il pas d’en faire etat a l’encontre de ceux qui affectent de croire
que »les Juifs » ne s’interessent qu’au genocide que leur propre peuple a subi ?
Gally
27 janvier 2010 a 19:09
@ André : pas dans nos habitudes de faire étalage de cela, d’abord parce qu’on ne se glorifie pas de qqc qui est parfaitement normal, et surtout parce que ces gens là le savent parfaitement, ils ne font que tenter de cacher leur racisme intense sous des pseudos motifs humanistes.
Yéhoudi
27 janvier 2010 a 21:24
André
la shoah chez les Gitans (tziganes,roms,gipsies,manouches…) c’est leur Samudaripen
je suis heureux et fier de savoir q’une place leur est faite a Yad Vashem
ils furent massacré pour la meme raison que nous…pour RIEN !!!
et j’ ai toujours un « faible » pour eux et leur triangle cousu sur la veste