Par Kamel Daoud -
Les Arabes ont eux aussi fait le voyage vers la Lune.
Mais ils ne sont jamais revenus.
Les Arabes sont le meilleur des peuples.
Surtout quand ils sont assis.
Les Arabes ont une histoire commune.
Elle fait toujours rire à la fin.
Les Arabes ont du pétrole.
Mais ils n’en gardent que le désert qui va avec.
Les Arabes sont de fiers guerriers.
Ils se battent avec la langue.
Les Arabes ont inventé le chameau.
Le chameau a inventé le chewing-gum.
Le chewing-gum a inventé l’éternité.
Et l’éternité a réinventé les Arabes pour passer le temps.
Les Arabes soutiennent les Palestiniens.
En faisant les morts pour que les morts meurent plus
facilement. En échangeant les cailloux contre les balles.
Les Arabes aiment l’union et la fraternité.
Et s’ils rompent entre eux, c’est pour mieux la
recommencer.
Les Arabes sont en vérité une détresse.
Ils ont tous raté le train qu’ils n’ont pas construit.
Sur des rails qui ne passent pas près de chez eux.
Alors ils racontent leur généalogie pour mieux
s’accrocher à la terre.
Les Arabes aiment monter le chameau.
Mais ils aiment mieux monter le dos d’un autre Arabe.
Et puisque les deux sont paresseux, les deux
n’arrivent nulle part.
La monture parle de ses droits et le cavalier de son
avenir.
Les Arabes aiment les rois. Car ils aiment les coups.
Les Arabes aiment aussi leurs présidents.
Car ils n’ont pas le choix. Et c’est moins fatiguant
que les révoltes.
Mais aussi les Arabes aiment la poésie.
Car elle permet de se laver sans utiliser de l’eau.
Et après l’on se sent toujours mieux que d’être
l’Arabe empaillé de manuscrits des temps présents.
En vérité le monde a un bout. Et c’est là que vivent
les Arabes. Vivants gouvernés par leurs morts.
Mais les Arabes aiment aussi l’authenticité.
La modernité.
La nationalité.
L’arabité.
La fécondité.
Tout ce qui commence par un café et se termine par
un thé.
Et les réponses toutes faites pour être avalées.
Chaque jour les Arabes vont au ciel. Et en reviennent.
Sans rien apporter.
Et dans leur mémoire traînent les choses brisées.
Les Arabes sont malheureux et souffrent jusqu’aux
ongles.
Mais il faut être Arabe pour savoir de quoi il s’agit :
L’horreur d’avoir été réincarné en lacet de chaussures
après avoir été un anneau d’or.
Et ne pas avoir le courage de se le dire pour guérir.
Les Arabes souffrent tant pourtant qu’il faut le leur
dire tout haut. C’est un devoir d’Arabe…
-Merci à Yéhudi
Quotidien d'Oran
8 mars 2010 a 13:44
Il fallait terminer par tfouuuuh 3likom!….
ya 3arat el ejness 7acha la minorité et el aoualine…
Ne pas confondre les bipèdes jouisseurs avec les musulmans
Yéhoudi
8 mars 2010 a 14:40
Trés beau texte d’un mec bien qui aime son Peuple
Merci cher Yéhoudi de nous l’ avoir offert
Yéhoudi
8 mars 2010 a 15:36
» el aoualine » (Ia3ni el yahoude)
je traduis
« les premiers »
merci a Quotidien d’ Oran de rappeler que nous sommes bien les Premiers
le Peuple Chéri de Rabouna ,Rab el 3alamine wa Dra3na A7na el Yhoude
merci cher ami inconnu
marco
8 mars 2010 a 15:38
exeptionel !!!!! et cruel à la fois tant c’est vrai !!!
chapeau !
M.S.
8 mars 2010 a 16:49
Première lecture : texte sympathique, drolatique, tendre et cruel.
On se dit : pas mal. Y’a du vrai mais sans méchanceté,
Et même plus, ça force la sympathie, une fraternité de poètes et de réprouvés.
Deuxième lecture : Ca me gêne toujours de lire l’article « les » ou le « l » apostrophe : l’auteur y croit où ça fait partie de l’auto-caricature ?
Bellar
8 mars 2010 a 18:38
Entre les faux vrais rabbins, les vrais faux rabbins, les imposteurs et les menteurs, les affabulateurs et les falsificateurs, l’histoire des Juifs racontée par des cons a de beaux jours devant elle
Bellar
8 mars 2010 a 18:39
J’oubliais l’Islamcalamitad…
Yéhoudi
9 mars 2010 a 17:28
« ça fait partie de l’auto-caricature ?
oui
l’ auteur qui avait publié dans le journal « l’ écho d’ oran » a eu du mal ensuite
il est vrai qu’il est dur d’ etre aimé par des cons
comme il est dur d’ etre lu par eux…
M.S.
9 mars 2010 a 18:09
Ah si les cons pouvaient être un peu poète et humoriste … ne serait-ce qu’une seconde !
Mais pour cela, il faudrait qu’il puisse tourner leur regard vers le dedans.
J’aime beaucoup les derniers mots du poème … bravo l’artiste.
arabe
15 mars 2010 a 16:23
comment voulez vous la paix en vous comportant de la sorte?