Le seul objet dans le Temple qui ne servait pas au service des sacrifices était le Kiyor. Le Kiyor était un ustensile en cuivre en forme de fût, doté de robinets, et qui n’avait autre utilité que l’ablution des mains et des pieds des prêtres avant de commencer leur service.
Sa confection a été rendue possible grâce à la donation des femmes de leurs miroirs.
C’est justement ce point qui gêna Moïse… Il invoqua que ces miroirs étaient des objets déshonorants de part leur vocation à être l’outil d’embellissement de la femme, chose dégradante pour un endroit dont la seule aspiration était la sainteté et la pureté.
En d’autres termes, il se dit : comment est-il possible qu’un miroir qui n’a pour seul objectif que de permettre à son détenteur de s’assurer de sa beauté et de susciter le désir, puisse être à l’origine de la confection d’un ustensile qui permet aux prêtres la purification ? N’est-ce pas là une antinomie ?
Mais D.ieu en avait décidé autrement ! Il expliqua à Moïse que ces miroirs représentaient la sacralisation du désir. Il lui rappela qu’au temps de la servitude en Egypte, les femmes soignaient leur apparence grâce à ces miroirs et elles choyaient leurs maris qui rentraient à la maison fatigués et épuisés de leurs corvées, afin qu’ils aient encore le désir de procréer et ainsi, mettre au monde les enfants d’Israël. C’est leur entreprise de séduction qui permit au peuple de se multiplier.
Il ne s’agit donc pas d’un vulgaire objet employé à des fins charnelles ou une coquetterie, mais bien de l’outil servant à susciter un désir sacré, celui de donner la vie.
C’est ainsi que le Temple dont la principale vocation est de permettre à celui qui a fauté de se faire pardonner et ainsi de continuer à vivre – au sens matériel et spirituel – compte avec fierté parmi ses ustensiles « le Kiyor », qui introduit le service des prêtres par ce symbole de la vie.
Et ce n’est pas pour rien que l’ustensile qui contenait l’eau pour l’ablution – une eau qui par définition est l’évocation de la vie – était lui-même réalisé avec les miroirs employés à donner la vie.
Quand les femmes subliment la beauté physique pour sa finalité la plus estimable, celle de donner la vie, le désir prend alors une dimension sacrée au point de trôner comme symbole dans le Temple !
Par le Rav Mendel Samama (visitez son blog)
marco
10 mars 2010 a 11:26
Superbe !
j’aime beaucoup le rapport humain de notre religion qui ne se place pas dans les hautes spheres de la théologie pour expliquer notre réalité quotidienne !!
JSS, et Rav Mendel, d’abord merçi, mais surtout encore !!!!
Trumpeldor
10 mars 2010 a 12:17
Remarquable présentation
Comme le dit si bien Marco,ENCORE !
Bellar
10 mars 2010 a 12:37
j’ai appris quelque chose aujourd’hui : merci !!
Yéhoudi
10 mars 2010 a 12:40
« l’ablution des mains et des pieds des prêtres avant de commencer leur service
Tiens, tiens,tiens ……..ça me dit quelque chose ça …
et pour etre précis ils se lavaient aussi les oreilles et le nez…..ça en a fait des émules depuis, qui se comptent par milliards
et voilà le remerciement de la fille cadette qui a piqué le maquillage de La Maman….
il n’ a rien a envier au remerciement de la fille ainée qui lui a piqué tous ses habits
Jeannot
10 mars 2010 a 13:26
Ca faisait un bail que j’avais pas lu Mendel. Son blog est génial et je le visitait beaucoup. Mais je m’appercois qu’en changeant de PC, je ne l’avais plus dans mes favoris et que je ne l’avais pas lu depuis au moins un ou deux mois!
Merci Mendel d’avoir publié sur JSS… Ca va me faire revenir chez toi !
CatholiC
10 mars 2010 a 20:58
Je crois que le nombre de robinets tombe pile-poil…
marco
10 mars 2010 a 21:05
Bonsoir Catholic,
allez y , devellopez !!
CatholiC
10 mars 2010 a 21:41
Bonjour Marco développer oui mais ce n’est pas possible, c’est un objet exceptionnel. Il faut voir de quelle amplification part l’œuvre : la forme globale de l’objet est celle d’un arbre, « l’arbre de vie » et l’arbre de vie est structurel par rapport à l’évolution de la psyché humaine (d’où venons-nous ?)
Donc, si c’est structurel, pour un croyant, c’est divin. Cet objet est extrêmement impressionnant car il persuade et exprime le contenu de ce dont on est persuadé (par le structurel de la psyché même). C’est la foi légitime à l’état pur en tant que foi car remontant à l’expérience humaine vécue.
Je ne peux pas développer, ce ne serait pas correct de ne pas parler de la dépendance qu’entraîne ce genre d’objet pour en parler sans paresse, sans naïveté non plus…
Au niveau de l’émotion, la pierre où est gravé « Simon builder of the temple » qui se trouve au Muséum d’Israël et remontant à la rénovation du second temple, trouvée dans un ossuaire c’est pas mal non plus…et plus simple à commenter parce qu’en plus le sujet ici est une fontaine / l’eau de la rénovation etc c’est dire qu’il est radicalement impossible de gérer un forum autour d’un sujet aussi… poétiquement inconscient.
CatholiC
10 mars 2010 a 21:42
Il doit y en avoir 12…
marco
10 mars 2010 a 21:48
Merçi, Catholic,
12 comme 12 tribus ? ou une autre idées !
Maurice 2
12 mars 2010 a 20:01
Effectivement je pense moi aussi qu’il y en a douze
Mais quelle signification je ne sais pas
Serait ce pour les douze tribus auquel cas il y auraient un prêtre pour chaque tribu
mais qui officieraient en même temps auraient ils eu un robinet qui serait attribué à chacun d’entre eux avec un ordre spécifique
le Rav devrait nous l’expliquer si jamais il a une idée la dessus
Quant aux ablutions Yehoudi a parlé » d’or
Ils n’avaient RIEN inventé nos cousins chameliers !!!