Les demandeurs d’asile iraniens trouvent un accueil réticent en Turquie

Publié le : 20 juillet 2010
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Devenue une destination phare pour les dissidents fuyant le régime en Iran, la Turquie a été avertie par une cour importante en charge des Droits de l’homme en Europe de ne pas renvoyer les réfugiés dans leur pays. Mais Ankara est déterminée à ce que le sujet ne devienne pas un obstacle à des liens récemment améliorés avec Téhéran, d’après ce que des réfugiés activistes et des observateurs disent.

Entre 3 000 et 4 000 Iraniens ont demandé refuge à la Turquie voisine depuis les élections présidentielles disputées l’année dernière et l’écrasement subséquent de l’opposition à Téhéran, d’après Recep Korbut de l’Association pour la Solidarité avec les Demandeurs d’Asile et les Réfugiés, une organisation non gouvernementale en Turquie.

« Ce sont des gens de tous horizons, mais la plupart sont des étudiants et des journalistes. »  a dit Mr. Korkut dans un interview cette semaine.

En tout, il y avait à peu près 6 000 réfugiés Iraniens en Turquie au début de l’année selon les officiels turcs. Comme les lois turques refusent l’asile aux réfugiés de pays en dehors de l’Europe, les Iraniens doivent s’adresser au bureau Turc du Haut Commissaire aux Réfugiés des Nations Unies, ou UNHCR, pour obtenir le statut de réfugié international dans l’espoir de trouver un pays tiers qui les y laissera entrer.

Pendant que les demandes sont traitées, ce qui peut prendre jusqu’à trois ans, les autorités turques envoient les demandeurs d’asile dans l’une des plusieurs villes de province étiquetées lieu temporaire de résidence pour les réfugiés. La plupart sont en Anatolie centrale ou de l’est. Pendant ce temps les réfugiés sont dans les limbes juridiques. Beaucoup travaillent de manière illégale pour se maintenir à flot.

Bien qu’un réfugié n’ait pas de permis de travail, il doit payer les impôts [locaux], et est en charge de son logement et de ses dépenses alimentaires », a déclaré un demandeur d’asile Iranien, dont le nom a été dissimulé, a l’ International Campaign for Human Rights en Iran, une groupe de pression base aux Etats Unis.

Bien que les Iraniens attendent en Turquie pour voyager vers les pays occidentaux, ils sont épiés par les agents des services secrets iraniens, dit Mr. Korkut, qui travaille avec des réfugiés Iraniens dans la ville d’Anatolie centrale de Nidge. « Ils les suivent. »

Un réfugié, identifié sous le nom d’Ali, a raconté à l’Agence France Presse qu’il a été menacé par trois hommes suspectés d’être des agents Iraniens après avoir donné un interview à des journalistes étrangers. Il déclare que ces hommes « lui ont mis un couteau sur la gorge et lui on dit que c’était son dernier interview. »

Quoiqu’il en soit, certains réfugiés sont politiquement actifs. La semaine dernière un groupe de réfugiés iraniens a organisé une manifestation devant l’ambassade d’Iran à Ankara. Les manifestants réclamaient des sanctions fortes contre le régime de Téhéran et la libération de tous les prisonniers politiques, ont rapporté les médias turcs.

Les liens entre la Turquie et l’Iran se sont considérablement améliorés dans les récentes années. Le gouvernement Turc fut l’un des premiers à reconnaître la validité des élections présidentielles controversées en Iran l’année dernière, et Ankara a voté contre de nouvelles sanctions contre l’Iran au Conseil de Sécurité des Nations Unies le mois dernier.

Un officiel du ministère des Affaires Etrangères à Ankara a dit que des liens améliorés ne signifiaient pas que la Turquie allait rapatrier les Iraniens. « Il n’y a eu aucune pression de l’Iran pour les renvoyer et personne ne l’a jamais été. » a déclaré cet officiel.

Mais certaines déportations n’ont été arrêtées qu’après que la Cour Européenne des Droits de l’Homme à Strasbourg, France, soit impliquée. La cour, dont les décisions sont contraignantes pour la Turquie qui est membre du Conseil de l’Europe, a prévenu Ankara plusieurs fois de ne pas renvoyer des réfugiés iraniens dans leur pays d’origine car ils pourraient être confrontés à des persécutions ou même à la peine de mort.

En janvier, la cour a accordé €20,000 (Dh 92,300) de dommages à une Iranienne qui s’était convertie au christianisme après être entrée de façon illégale en Turquie en 2005 et qui était détenue par les autorités Turques. La cour a déclaré que la Turquie avait prévu sa déportation sans considérer son argument selon lequel elle était venue en Turquie pour déposer auprès du UNCHR une demande de statut de réfugiée.

L’année dernière, Strasbourg a statué contre la Turquie dans l’affaire de deux Iraniens dont la déportation en Iran avait échouée seulement parce que les autorités Iraniennes refusaient d’accepter l’un des deux hommes. En avril, la cour a émis un nouveau verdict contre les expulsions de réfugiés de Turquie dans une affaire impliquant dix Iraniens.

Sinan Organ, responsable du Centre Turc de Relations Internationales et d’Analyse Stratégique , un groupe de réflexion à Ankara, a déclaré que la Turquie et l’Iran était déterminés à ce que la question des réfugiés ne deviennent pas un fardeau pesant sur leurs relations. «  Ils se sont habitués à cela. » a t’il dit.

Mr. Organ a déclaré que bien que l’Iran ait demandé à la Turquie de lui remettre ou d’arrêter certains dissidents de temps à autres, ce n’était que “pures formalités” sans s’attendre à ce que la Turquie s’y soumette. « L’Iran ne veut pas peser sur d’autres aspects de la relation. », a-t-il déclaré. « Les Iraniens ont besoin de la Turquie. »
De son côté, la Turquie, a posé des limites quant à sa tolérance concernant les activités politiques des dissidents Iraniens sur le territoire turc, a déclaré Mr. Organ. « Cela les autorise à s’engager dans certaines activités démocratiques, comme celle de former des associations, mais elle ne tolérera pas des actions contre le régime [de Téhéran]. »

Article rédigé en anglais par Thomas Seibert, correspondant étranger à THE NATIONAL (Abu Dhabi) - Merci énormément à Alain Huerre, le traducteur… Et au fureteur, Jean-François Battaglini.

 

6 Réponses à Les demandeurs d’asile iraniens trouvent un accueil réticent en Turquie

  1. mardoche Répondre

    20 juillet 2010 a 11:24

    C’est geographiquement le pays le mieux situe,pour les dissidents iraniens.
    Mais c’est le moins sur pour leur securite et leur avenir tant que le diable reste au pouvoir.
    A croire que ces malheureux opposants a ahmadinedjab,n’ont pas suivi la politique hypocrite et sournoise de erdogan,ce diable n’est pas meilleur que l’autre.

  2. jacqueline Répondre

    20 juillet 2010 a 11:32

    c ‘est peut-être rétrécie , mais c’est mieux que rien ! AH .. pour une fois qu ‘un pays les acceptent , ils ne vont pas faire la fine gueule ?
    http://il.youtube.com/watch?v=DtLdcIv3JzA&feature=related

  3. mefaresh01 Répondre

    20 juillet 2010 a 15:11

    JE NE COMPRENDS PAS !!!!!!

    Comment des êtres humains normaux peuvent-ils vouloir s’échapper d’un pays de cocagne comme la République islamique d’ Iran?????
    Voilà un pays vaste ( 3 fois la France) riche ( Pétrole!!!) et héritier d’une immense civilisation !!!! L’Iran d’aujourd’hui est encore plus remarquable depuis que le Génie de Khomeini l’a remodelé selon les lois islamiques…………..
    L’Iran est une démocratie exemplaire, vivant sous un régime de tolérance et de discipline librement consenties. Aucun obstacle à la liberté et à la créativité individuelle. Le fonctionnement des institutions est sans tache et les élections récentes l’attestent.
    Vu de l’extérieur, on peut dire que ce pays est attractif amical et ouvert. Il s’implique même beaucoup pour resserrer les liens avec les pays étrangers.
    - Flotilles de bateaux dans le golfe persique pour protéger le trafic commercial d’éventuels pirates
    -Envoi massif de matériels humanitaires à des O.N.G. pacifiques en détresse
    par exemple le Hamas et le Hezbollah.
    -Etablissement d’une milice caritative prête à intervenir partout : Les gardiens de la révolution.
    -Développement très rapide d’une industrie nucléaire à but pacifique pour produire des isotopes à usage médical
    -Relation extérieures tournées vers le leaders démocratiques les plus en vue
    : Venezuela et Corée du Nord par exemple.

    ET VOILA LE PAYS QUE CES INGRATS VEULENT QUITTER !!!!!!!!!!!!

    Les Turcs ont raison de les surveiller, ce ne sont pas « des gens biens »……….

    • jacqueline Répondre

      20 juillet 2010 a 16:10

      l ‘ iran vaste pays 3 fois la France !!! Oui mais avec Khaméney et Ahmadinejad
      deux dictateurs à la tête d’ un pays , où les opposants au régime n ‘ont même
      pas le droit de manifester leur mécontentement , et dire que les élections étaient truquées !! voilà pourquoi ils préfèrent sûrement un pays bien plus petit !!
      le con-combre syrien n ‘ est pas mieux que le nabot ! tous les mêmes les muzz
      des cons…

  4. Yéhoudi Répondre

    20 juillet 2010 a 19:47

    allons! allons !!!
    ce n’ est a cause d’ Erdogan et de Gül qu’il faut jeter le bébé avec l’ eau du bain …..turc :lol:

    un lien plein de Turqueries qui je le souhaite, vous amusera et vous plaira, histoire de jeter un éclairage sympathique sur la Turquie

    http://webcache.googleusercontent.com/search?q=cache:AQzD8QBNeRcJ:www.bleublancturc.com/Turqueries/Turqueries.htm+les+turqueries&cd=2&hl=fr&ct=clnk&gl=fr

  5. Armand Répondre

    3 septembre 2010 a 08:36

    Certes , un grand pays , mais qui devient minuscule quand on est opposant.

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