PARTIE 2 – Retrouvez ici la première partie et la troisième partie.
MAIS OU EST DONC PASSE JIM COHEN ?
La revue Mouvements Sociétés Politique Culture publiait en 2004 un dossier très intéressant intitulé Le sionisme est-il mort ? , dossier hétéroclite mais équilibré rassemblant notamment les contributions d’Alain Dieckhoff, Denis Charbit et Ilan Greilsammer ou encore Camille Mansour, Michel Warschawski, David Newman ou Jim Cohen. Enfin, la revue organisait une table ronde sur le thème Sionisme et diaspora. Les Juifs de France et Israël réunissant Esther Benbassa, Théo Klein, Dominique Vidal et Patrick Klugman. M. Blanrue affirme d’ailleurs l’avoir « suivi de près » : ce qui est vrai puisqu’il cite largement des extraits de cet entretien (sans toutefois les discuter ou les expliciter). Qu’il nous permette toutefois de préciser, puisqu’il ne le mentionne pas, qu’il a également suivi d’extrêmement près, dans ce dossier, l’article de Jim Cohen, Le « lobby juif » aux Etats-Unis : contre les stéréotypes, la transparence. Et si M. Blanrue ne cite à aucun moment ce professeur d’université, c’est qu’il n’a pu s’empêcher de plagier la structure argumentative et de copier servilement certains extraits de cet article dans son livre (aux pages 36-37 et 41-42).
Constat affligeant et sans appel pour Blanrue: lorsqu’il ne paraphrase pas médiocrement Jim Cohen, il le copie servilement, au mot près.

LE PLAGIAT DU LIVRE DE MARC HECKER
M. Blanrue fait référence à sept reprises au livre de Marc Hecker (pages 128, 129, 144, 145, 147, 153 et 154). Cela semble beaucoup mais, en réalité, c’est très peu si l’on considère les nombreuses phrases qu’il a servilement copiées ou paraphrasées et dont nous livrons plusieurs exemples.
Paul-Eric Blanrue cite également, page 129, une déclaration de Jean Kahn et signale bien en note 16 qu’il la tient de Marc Hecker. Mais il omet de dire que le paragraphe, sur le Consistoire central et le CRIF, qui suit cette citation, reproduit paresseusement ce qu’on peut lire en pages 82 et 83 du livre de Marc Hecker. Plus significatif encore, il apparaît que le chapitre 1 (« Lobby juif ou réseaux pro-israéliens ? ») reprend habilement, tant dans la structure formelle que dans la problématique développée, les introductions de l’article de Jim Cohen et du livre de Marc Hecker.
Le chapitre 6 (« La nouvelle aristocratie ») reprend la démonstration et les exemples de la seconde partie du livre de Marc Hecker, intitulée : « Les modalités de la défense des intérêts de l’Etat d’Israël en France ». Marc Hecker, le premier, avait proposé une analyse des institutions juives (pages 77-91), dans cet ordre : CRIF, François Zimeray, B’nai B’rith, UEJF, UPJF, Siona, Wizo puis Association France – Israël, Groupe d’amitié parlementaire France – Israël et Rudy Salles. Blanrue propose un ordre différent (pp. 127-155) : CRIF, B’nai B’rith, UPJF, UEJF, Wizo, Siona, François Zimeray, France-Israël, Rudy Salles et Groupe d’amitié parlementaire France-Israël. Alors que Marc Hecker fournit quelques éléments essentiels sur ces associations et renvoie à leurs sites Internet pour les compléments, M. Blanrue copie in extenso ces informations – ce qui permet d’ajouter des lignes – sans les analyser ni les questionner.
Enfin, un plagiat nous semble particulièrement révélateur de la drôle de méthodologie blanruesque. Aux pages 78-79, Marc Hecker parle d’un sondage concernant la communauté juive puis il évoque les tribunes « Une autre voix juive » et « Lettre ouverte au CRIF ». Que fait M. Blanrue, page 46 de son livre ? La même chose ! Etonnant, non ? Le plagiat est d’autant plus incontestable que Marc Hecker, qui tient ce sondage d’Esther Benbassa, ne retient que quelques chiffres seulement et réorganise leur ordre de présentation. Or, le pseudo-historien copie Marc Hecker et reprend exactement ses modifications du texte de Mme Benbassa, mais il cite tout de même cette dernière, laissant ainsi croire qu’il a lu la source originale.
Pour conclure sur le pillage du livre de Marc Hecker, il faut souligner le nombre très important d’informations que M. Blanrue reprend à son compte, sans jamais dire qu’il les tient de cet universitaire. Citons, entre autres, celles qui concernent François Zimeray, le Renouveau juif, Dominique Strauss-Kahn, les vedettes de Cherbourg, le documentaire de Décryptage… En outre, une partie de la bibliographie de Marc Hecker est reprise par M. Blanrue : mais tandis que le premier en propose une analyse, le deuxième se contente de la reproduire sans démontrer qu’il l’a consultée – par exemple les livres de Marc Ferro, Daniel Amson (noté Daniel Armon par Blanrue !), Esther Benbassa, David Malkam, de Samir Kassir, de Pierre Birnbaum…, les articles de Guysen, de la revue Passages, de Claude Lévy, de Xavier Ternisien ou d’Ivan du Roy… Et ce doute légitime, au sujet de la lecture effective par M. Blanrue des livres qu’il cite, est renforcé lorsqu’on constate qu’il parle à trois reprises d’Anne-Marie Goichon au lieu d’Amélie-Marie Goichon, de Daniel Armon au lieu de Daniel Amson, qu’il cite mal Nahum Goldmann et Claude Lévi-Strauss…
Récapitulons : M. Blanrue reprend de nombreux passages du livre de Marc Hecker et les copie servilement. Il paraphrase ou reprend la structure formelle du livre de Marc Hecker. Il reprend à son compte une large partie de la bibliographie proposée par Marc Hecker, mais rien ne montre qu’il a effectivement lu ces ouvrages (et a-t-il lu, par exemple, ceux de J.J. Goldberg et d’Arthur Hertzberg qu’il cite, indisponibles en France et non référencés par la BnF ? Lit-il d’ailleurs l’anglais ou l’allemand ?). Il plagie également Wikipédia et Jim Cohen mais aussi certains journalistes. Il multiplie les erreurs grossières sur les patronymes des auteurs auxquels il fait référence. Or, M. Blanrue prétend proposer un livre original, neutre et inattaquable. Cherchez l’erreur. Enfin, alors que Marc Hecker, ainsi que des auteurs comme Camille Mansour, Jim Cohen, Sylvie Strüdel, Claude Lévy, Esther Benbassa ou Pascal Boniface – pour ne citer qu’eux – réfutent l’idée d’un vote juif en France influençant les élections, alors que ces auteurs réfutent l’existence d’un lobby juif en France (faute de moyens financiers, de coordination associative et/ou politique, d’unité idéologique ou encore de stratégie politique ou communicationnelle homogène des associations juives), alors que ces auteurs sérieux, spécialistes de ces questions, argumentent leurs thèses, Paul-Eric Blanrue balaie sans vergogne leurs travaux, qu’il connaît plus ou moins, sans daigner proposer de contre-argumentation. Un peu court pour cet « expert » de Diana et de Kerviel, non ? Qu’en pensent Jean Bricmont et Michel Collon ?
Par Said Chomsky -
Note: il est d’autant plus important de diffuser ce texte qu’il vient d’être supprimé par LePost.fr
M.S.
17 août 2010 a 19:34
Affligeant de nullité intellectuelle.
Moralité : quand on a rien à dire, plutôt que de plagier les autres, il vaut mieux se taire …
Ceci étant d’ailleurs valable pour tous les khanefoussotes et autres fachos vert-de-gris qui viennent poser ici leurs petites fientes …
guy
17 août 2010 a 20:07
C’est bien triste mais il suffit de parler d’Israël(en mal bien sûr)pour vendre.Même un article idiot dans le nouvelobs sur cette ex-soldate Israélienne recueille plus de 50 posts commentant l’ »incommentable »!!!!!Alors que l’article suivant où l’on apprend qu’une bombe à Bagdad a tué 59 personnes n’intéresse pas un seul posteur.Alors bientôt un article pour dénoncer qu’Israël met des produits chimiques dans le PCul destiné aux Gazaouis pour leur irriter les fesses.Combien de posts sur cette rumeur d’un intérêt capital?
chantal
17 août 2010 a 20:11
Oui, il y avait aussi les bonbons radioactifs… On connait.
Willofly
17 août 2010 a 23:17
Blanrue a hurlé au complot sioniste lorsqu’il a eu du mal à trouver un éditeur pour ce livre. Bien sur, l’idée que son manuscrit était d’une nullité affligeante ou tout simplement dénué d’intérêt ne l’a pas effleuré un seul instant, le bonhomme n’est pas modeste.
Ne trouvant personne qui veuille l’invité pour faire la promotion de son torchon, il a fini par accordé des interviews partout où on le voulait bien et notamment à Ahmed Moualek, antisémite notoire, qui s’occupait de « la banlieue s’exprime » aujourd’hui heureusement en cessation d’activité (bien qu’on trouve encore énormément de chose émanant de ce cloaque sur le net). Ce qui lui donne une certaine aura auprès des « djeunes » de banlieues.
Les sujets qu’il avait traité avant ça n’intéressent personne ou son assez fantaisistes mais très grand public (surnaturel, suaire de Turin etc).
A noter que même Agoravox se démarque de Blanrue et lui reproche d’avoir « franchi la ligne brune »! En effet, il défend sur son blog Reynouard le négationniste et invite à lutter pour qu’il sorte de prison au nom, je cite, « de la liberté d’expression ». Le pire, c’est que ça n’est pas juste un cauchemar, c’est réel. Enfin bref, c’est vraiment utile d’avoir fait cette série d’article et d’avoir décodé les procédés minables de ce triste personnage.
On est jamais trop vigilant même et surtout avec les médiocres.
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/paul-eric-blanrue-franchit-la-79566
salome
18 août 2010 a 07:16
Le livre de blanrue sera distribué par la Fnac, non????
jacqueline
18 août 2010 a 08:36
Quelle organisation commando ferait un saccage dans les étalages où sont
en vente les livres de ce Blanrue ???????
on pourrait le souffler aux oreilles de la LDJ par exemple !!!