Avec la crise syrienne, c’est tous les pays musulmans de la région qui souffrent…

Publié le : 14 août 2011

Les événements politiques en Syrie devraient avoir une incidence économique sur les pays de la région comme la Turquie, la Jordanie, l’Irak ou encore le Liban. Pour 2010, les échanges avec Ankara s’élevaient à 2.27 milliards de dollars. Il est fort à parier que 2011 sera une année noire.

La situation en Syrie affecte la Turquie de deux manières. La première est la baisse potentiellement importante du volume des échanges, surtout depuis que la demande pour les importations et les produits turcs a fortement chuté depuis le début des événements. Certaines sources estiment que le volume du commerce a enregistré une baisse entre 30% et 40%, et que ces pourcentages pourraient encore augmenter avec l’expiration des accords antérieurs.


Il y a aujourd’hui une absence de volonté aussi bien du côté syrien que turc, de renouveler ces contrats avant que la situation politique ne devienne plus claire. En 2010, les exportations syriennes vers la Turquie ont été évaluées à 1,6 milliards de dollars, tandis que les importations syriennes de Turquie ont été d’environ 630 millions.

En ce qui concerne les investissements turcs en Syrie, ils ont été évalués à environ 260 millions, faisant de la Turquie l’un des investisseurs étrangers les plus importants. Cependant, le sort de ces investissements dans divers secteurs tels que l’industrie légère et la construction n’est pas clair. Le deuxième aspect des relations réside dans l’afflux de réfugiés syriens vers la Turquie. On estime à 15.000 le nombre de personnes qui ont fui les massacres de Bachar El Assad. Ce nombre devrait augmenter si les événements se poursuivent.

Le deuxième pays lié à la Syrie par un réseau complexe de relations est le Liban. Les deux pays ne sont pas uniquement liés par des relations commerciales officielles, estimées à environ 1,3 milliards l’an dernier, mais aussi par des mouvements de main-d’œuvre, qui jusqu’à récemment, fonctionnaient dans les deux sens.

Cette main-d’œuvre qualifiée, dont une partie s’est installée au Liban, est relativement bon marché par rapport aux normes libanaises, notamment dans la construction, les contrats et certains services. Ces mouvements étant actuellement entravés, les coûts salariaux de l’économie libanaise devraient augmenter car il sera difficile de créer des alternatives locales à la main-d’œuvre syrienne. Comme pour les exportations libanaises vers la Syrie, ils sont limités, puisque la balance commerciale entre les deux pays est fortement pondérée en faveur de la Syrie.

Il y a une autre donnée importante dans la relation entre le Liban et la Syrie: le secteur financier libanais est largement dominé par les hommes d’affaires et commerçants syriens. Les banques libanaises sont considérées comme un refuge pour l’épargne et le crédit. Bien que ces activités devraient décroitre, les dépôts dans les banques syriennes du Liban ne sont pas censés diminuer – en fait, ils sont susceptibles d’augmenter en raison de l’instabilité politique de la Syrie.

Il ne fait aucun doute que la saison touristique au Liban sera fortement touchée, en particulier le tourisme en provenance du Golfe. À ce jour, les chiffres indiqués sont de loin inférieurs à ceux de la même époque l’année dernière.

Un autre partenaire commercial important de la Syrie est l’Irak. C’est la principale destination des exportations de la Syrie -2,5 milliards de dollars. Les produits exportés sont, pour leur majorité, des produits agricoles et industriels légers, fabriqués et consommés dans la région de la frontière des deux pays. Ils se distinguent par leur prix bon marché et leur qualité acceptable. Le commerce a diminué sensiblement au cours des derniers mois. Bien qu’il existe des alternatives possibles, les coûts devraient augmenter pour les consommateurs irakiens.

Bien que les coûts des transports soient limités, les communautés locales irakiennes devraient être aussi affectées par la baisse de l’activité commerciale. Un certain nombre de projets conjoints dans les régions frontalières ont été annulés ou reportés. Comme pour les exportations irakiennes en Syrie, cette activité commerciale ne devrait pas baisser considérablement, car il s’agit principalement de produits énergétique essentiels.

Le quatrième état entretenant des liens étroits avec la Syrie, avec de nombreux accords bilatéraux est, la Jordanie. Par exemple, il y a un accord régissant le commerce de ciment jordanien contre du blé syrien. Cet arrangement a été opérationnel pendant des années et sert les intérêts des deux pays. Cet accord a permis une économie de dizaines de millions de dollars au trésor jordanien.

De nombreux commerçants jordaniens dépendent du port méditerranéen Lattaquié pour importer leurs marchandises, en particulier en provenance d’Europe. Ces importations via Lattaquié sont moins chères que depuis le port d’Aqaba sur la mer Rouge, seul port de Jordanie. Toutefois, cette activité a été interrompue en raison de menaces de sécurité et de l’incapacité des importateurs d’assurer la livraison des produits.

Les fonctionnaires jordaniens ne cachent pas leurs inquiétudes sur l’avenir de certains projets communs tel l’accord selon lequel la Syrie fournirait de l’électricité dans certaines régions frontalières de la Jordanie. Le projet de gazoduc arabe qui relie l’Égypte à la Syrie et au Liban via la Jordanie est aussi menacé. Bien que ces lignes n’ont pas été encore attaquées, les craintes qu’elles pourraient l’être prochainement ont déjà soulevé des questions lors de réunions des commissions conjointes sur.le secteur de l’énergie.

Les événements en Syrie devraient également affecter d’importants partenaires commerciaux tels que la Russie, l’Iran et l’Union Européenne dans une certaine mesure. Tous ces acteurs sont étroitement liés à la Syrie – via des prêts et des accords militaires dans le cas de la Russie, des relations bilatérales étroites dans le cas de l’Iran, et des relations commerciales dans le cas de l’Union Européenne.

Ces répercussions économiques, y compris le départ des réfugiés vers la Turquie, pourraient devenir une véritable source de préoccupation pour les États qui portent déjà le fardeau de leurs propres problèmes et n’ont pas beaucoup de marge d’erreur pour s’ajuster aux événements en cours.a

Jonathan-Simon Sellem – JSSNews

 

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9 Réponses à Avec la crise syrienne, c’est tous les pays musulmans de la région qui souffrent…

  1. jacqueline Répondre

    14 août 2011 a 10:58

    Israël : la protestation sociale s’invite dans douze villes
    Israël : la protestation sociale s’invite dans douze villes
    2 réactions

    De nouvelles manifestations contre la vie chère, un mouvement social sans précédent qui…

    * Une militante : «Je veux lancer mes chaussure sur Bibi»

    • jacqueline Répondre

      14 août 2011 a 11:00

      la crise la plus importante que Netanyahu doit résoudre c’est la crise
      israélienne , la syrienne on s’en tapeeeeeeeee :)

  2. Israelzesababa Répondre

    14 août 2011 a 11:49

    Voila une bonne nouvelle, tous ces pays spécialisés en imposture et tartufferie, se tourneront davantage (en sous main) vers Israel pour importer leurs marchandises.

  3. qi+20 Répondre

    14 août 2011 a 15:05

    la turquie nous la fait « indignée » pour les massacres en syrie. ceci afin de ne pas
    trop chagriner ses copains de l’otan. Mais son coeur balance pour le nain iranien.
    l’axe turko-syro-irano-irako-etc fonctionne à merveille. comme dans les films de robert Lamoureux « la prise en tenaille » se met en place. les mollas sont à gaza, au liban et bientot sur le golan. et fin septembre ils seront en judée samarie.
    surtout défense de rire. On va forcément y laisser des plumes.

    • Israelzesababa Répondre

      14 août 2011 a 15:15

      taratata, navet navi navrant: pas de quoi se poiler, certes, mais de quoi s’arracher les cheveux non plus. tu me fais pythie:au diables les Cassandre et oracles d’elfes;

    • jacqueline Répondre

      14 août 2011 a 15:17

      la turquie est indignée ? comme ça HeSSel ne sera plus seul à être indignééééé :mrgreen:

  4. La Mécréante ! Répondre

    14 août 2011 a 16:37

    « Avec la crise syrienne, c’est tous les pays musulmans de la région qui souffrent… »

    Vous connaissez, vous, « un pays musulman » sur la terre où les gens sont heureux ?…

    c’est la merde partout. ils s’entretuent partout. le peuple crève la dalle partout. ça égorge à gogo partout.

    esclaves et soumis ils sont et le demeurent de la naissance à la mort.

    pffff ! je m’en fous après tout ! ils me fatiguent !

  5. M.Françoise Répondre

    15 août 2011 a 12:09

    En lisant et en voyant cette carte….. mais quel MIRACLE que ce « petit » pays !!!! ISRAEL……..
    Une pluie de b’hahot sur toi ISRAEL !!!!

    • Israelzesababa Répondre

      16 août 2011 a 00:41

      Amen! Qui bénit Israel sera béni(e)

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