Résolution anti-Assad : la méthode russe et chinoise de trucage des votes, dévoilée !

Publié le : 18 février 2012

C’est Karim Lebhour, correspondant de RFI à New-York (anciennement basé à Jérusalem), qui dévoile cette affaire saugrenue. Selon des informations publiées sur son blog, la Russie et la Chine ont fait plus que voter « non » aux résolutions anti-massacres en Syrie. Pour la première fois depuis des temps immémoriaux, ces deux nations sont devenues très procédurières, empêchant des pays favorables aux résolutions de voter…

UN Photo/Devra Berkowitz

 Douze pays, dont le Gabon, se sont vus retirer leur droit de vote à l’Assemblée générale au cours de la séance d’adoption de la résolution sur la Syrie, jeudi 16 février, en raison de leurs arriérés de paiement à l’ONU.

La liste des mauvais payeurs réserve quelques surprises. Les montants des arriérés sont modestes, voire extrêmement modestes pour certains : 2 939 $ pour Le Cap Vert, 7 745 $ pour la Gambie. Autre surprise, le Gabon, Etat pétrolier qui siégeait au Conseil de sécurité jusqu’au 31 décembre dernier, a été incapable de payer son dû à l’ONU…

Si, au final, la résolution a été approuvée par l’énorme majorité des Nations (et bloquée par les Russes et Chinois), il n’en demeure pas moins que 13 votes en plus ou en moins n’auraient rien changé. A part la possibilité, pour les organes de presse, d’écrire l’importance encore plus grande de la pression anti-Assad.

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Et le journaliste de Radio France reprends son enquête :

« C’est très inhabituel pour le secrétariat de priver autant d’Etats membres de leur droit de vote d’un seul coup, même s’ils sont en retard de paiement », observe un diplomate occidental qui explique cette sévérité soudaine par des pressions de la Russie et de la Chine pour faire appliquer le règlement à la lettre et minimiser ainsi la majorité condamnant la Syrie.

Outre les arriérés de paiement, le vote a été entaché par quelques incidents ubuesques. Immédiatement après le vote le Burundi (no vote) et les Comores (abstention) ont protesté d’un « problème technique ». « En fait, le représentant des Comores avait pour consigne de sa capitale de voter « oui », mais il a appuyé par erreur sur le bouton « abstention » confie un diplomate exaspéré par tant de légèreté sur un vote aussi grave. Celui du Burundi a appuyé sur le bouton trop tard. Son vote n’a donc pas été enregistré.

Le décompte officiel des voix (voting record) montre que le secrétariat a par la suite ajouté à la main le vote du Burundi portant le nombre final de « oui » à 138.

Le total des votants est de 167, 12 Etats ont été interdits de vote, reste 14 pays qui, à l’instar du Mali, ne se sont tout simplement pas déplacés…

Au final,si rien ne peut avancer sans les Russes et les Chinois, la morale de cette histoire tend surtout à montrer l’attachement de ces dictatures à la bureaucratie. Peut-être serait-il bon de fouiller ici et là sur les petits problèmes qui pourraient empêcher Russes et Chinois de participer aux prochains votes sur la Syrie et l’Iran. Il faudrait penser à fouiller du côté des contrats de travail de leurs employés, aux accréditations sécurités, etc…

Antoine Chatrier – JSSNews
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