L’affaire des Vedettes de Cherbourg dans un magnifique docu, sur France 3, le 16 avril 2012 | JSSNews

L’affaire des Vedettes de Cherbourg dans un magnifique docu, sur France 3, le 16 avril 2012

Publié le : 15 avril 2012

C’est l’une des plus grandes réussites du domaine de l’espionnage du XXème siècle.

Noël 1969 : cinq vedettes militaires, construites par les Chantiers de Normandie, quittent le port de Cherbourg. Très vite, on découvre que les navires ont été dérobés par des commandos israéliens. Tout commence en 1966, quand Israël commande douze vedettes à la France. En 1967, suite à la guerre des Six Jours, le président De Gaulle décrète un embargo sur la vente d’armes à Israël. Cinq vedettes restent bloquées à Cherbourg.

Cet embargo français ne concernait pas les vedettes étant donné que leur armement était à la charge d’Israël. Mais, en janvier 1969, après un raid israélien sur l’aéroport de Beyrouth en représailles d’un attentat commis contre la compagnie El Al, l’embargo décrété par la France devint total, alors qu’il restait encore 5 bateaux à livrer.

Utilisant une société factice, les service secrets israéliens proposent de racheter les navires. Finalement, les équipages, tous agents du Mossad, s’emparent des vedettes et les conduisent à Haïfa.

Le 3 janvier 1969, lorsque le Général De Gaulle mit en vigueur le deuxième embargo, six vedettes avaient déjà été livrées. Six mois plus tard, en accord en accord avec son supérieur hiérarchique, Moshe Dayan, l’amiral Limon prépare dans le plus grand secret son plan pour soustraire à la vigilance des français les cinq vedettes restantes.

En octobre 1969, un certain Ole Martin Siem, citoyen norvégien, se présente au bureau de Félix Amiot comme le fondé de pouvoir d’une société panaméenne, la Starboat Oil & Shipping Co. Il propose de racheter les cinq patrouilleurs en vue de prospecter et d’assurer l’exploitation de gisements pétroliers off-shore en mer du Nord. Amiot prend l’affaire très au sérieux, car il connait de réputation le Norvégien. Celui-ci dirige en effet depuis 1958 une grosse entreprise de construction navales, la société Akers, dont les actions sont cotées à la bourse d’Oslo. L’intention d’Ole Martin Siem d’acquérir des navires étrangers de petit tonnage s’explique parfaitement en raison de l’encombrement de son carnet de commandes et de sa spécialisation dans les gros tonnages.

À la mi-novembre 1969, Amiot rencontre l’ingénieur Bonte, directeur des affaires internationales à la DMA, pour lui demander de répondre favorablement à la demande de la Star Boa. À son tour, le lendemain, Bonte fait part de cette offfre à l’Amiral Limon qui représente Israël dans cette affaire. Il ne faut pas plus de vingt-quatre heures aux Israéliens pour donner leur accord, Limon acceptant même par écrit de respecter une clause restrictive: Israël ne rachètera pas ces bateaux pour les utiliser à des fins militaires ! Personne, parmi les hauts fonctionnaires français, n’exprime de surprise devant la bonne volonté subite des Israéliens qui, jusque là, s’étaient opposés avec vigueur au remboursement des Mirage…

Fin novembre, un contrat règle le sort de cinq patrouilleurs : La CIEEMG approuve l’opération en ce qui concerne la France. Cette commission comprend à l’époque le secrétaire général à la Défense, le général Bernard Cazelles, et le Directeur des Affaires internationales à la DMA, l’ingénieur général Louis Bonte. L’amiral Limon signe le contrat au nom d’Israël (légitime propriétaire des bateaux) et Martin Siem au nom de la Starboat.
Une fois offre approuvée, Siem règle 10 millions de dollars à Félix Amiot, soit le montant intégral du prix des cinq patrouilleurs. Parallèlement, ce dernier rembourse au gouvernement israélien l’acompte de 4 millions déjà payé. Siem demande le maintien des équipages israéliens à bord des vedettes pour les conduire jusqu’à Oslo. Aussi, personne ne s’étonne outre mesure israéliens règlent leur note à l’Hôtel de Tourville et célèbrent leur départ en sablant le champagne avec leurs hôtes français.

En France, l’affaire fit grand bruit, à l’époque. Et le ministre de la Défense, qui était Michel Debré, sanctionna deux officiers chargés de superviser les exportations d’armes françaises.

Pour en savoir plus, vous pourrez suivre le premier volet de la série documentaire « Etranges Affaires » , qui sera diffusé le 16 avril sur France 3 à une heure malheureusement tardive (23h15). Ce documentaire de 52 minutes sera le premier numéro d’une série qui se caractérise par l’inclusion de l’animation dans un long métrage à dimension historique pour palier le manque d’archives ou d’images, et pour dynamiser une enquête sur une affaire oubliée ou mal connue.

Le premier numéro s’annonce exceptionnel !

Antoine Chatrier – JSSNews
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6 Réponses à L’affaire des Vedettes de Cherbourg dans un magnifique docu, sur France 3, le 16 avril 2012

  1. josyfeit Répondre

    15 avril 2012 a 16:51

    Les Debré de Westhoffen comme les Schwartz et les Gugenheim.

  2. Bereshitim Répondre

    15 avril 2012 a 17:13

    Je dirais seulement , un Israel comme on l’aime

  3. the ghost Répondre

    15 avril 2012 a 17:52

    Embargo le 2 juin 1967 , donc la veille de la guerre !!!!!!!

  4. stephane Répondre

    15 avril 2012 a 18:07

    mince !!! pourquoi a 23h15 ? je me leve entre 5 et 6h tous les matins, donc impossible pour moi de regarder cette emission…si jss a la capacite de mettre un lien de cette emission dans les jours qui viennent ce serait top :)

  5. Yaacov Krief Répondre

    15 avril 2012 a 22:25

    Les amis du calme : http://www.pluzz.fr/france3/

  6. popi soudure Répondre

    16 avril 2012 a 19:50

    UN SUPER COUP D ‘ ISRAEL ! bravo ….

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