Pendant ce temps, à Tombouctou…

Publié le : 15 avril 2012

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan aime deux choses: travailler et se mettre en colère. Il est très bon au deux à la fois. Il se fâche contre le président syrien Bachar al-Assad en une occasion. Il se met en colère contre le président iranien Mahmoud Ahmadinejad en une autre occasion. Il est furieux contre la chancelière allemande Angela Merkel ou le président français Nicolas Sarkozy de temps en temps. Même le très pacifiste président israélien Shimon Peres à subi les foudres de la colères d’Erdogan au Forum de Davos en 2009.

Mais il y a un leader avec lequel il ne se fâche jamais – Le président américain Barack Obama. Erdogan et Obama ont un rêve commun – un monde sans conflits. Pour les Turcs, c’est une vision déclarée – le ministre des Affaires étrangères Ahmet Davotuglo parle de sa politique « zéro problème » avec ses voisins. Pour Obama, c’est plus une volonté permanente de jouer à faire croire.

Au cours du week-end, Obama et Erdogan ont rappelé au monde réel que même eux peuvent se tromper parfois. Si leur plan avait fonctionné, nous serions à l’heure actuelle en train de nager dans un monde plein de pétales de roses. Au lieu de cela, nous nous battons avec des épines.

Nous allons commencer avec l’Iran. En 2011, une deuxième série de pourparlers sur le nucléaire en Turquie a eu lieu. Ces pourparlers, qui ont débuté il y a six ans, sont toujours en panne de la moindre minuscule réussite. L’Iran est un expert pour faire des promesses permettant de gagner du temps. L’année dernière, les négociateurs Iraniens ont passé tout un vendredi à la mosquée pendant que les délégations occidentales attendaient que les iraniens reviennent parler. S’il s’agissait d’une partie de football, l’arbitre aurait sifflé faute il y a longtemps. Des avertissements ont été donnés à plus de 6 reprises (6 séries de sanctions). L’Iran est peut-être tout simplement arrivé à la conclusion que l’arbitre n’a pas la capacité de souffler le coup de sifflet.

La Turquie d’Erdogan demande au monde à faire preuve de patience, tandis que l’administration Obama croit vraiment dans le potentiel combiné des négociations et des sanctions. Pas un seul de mes collègues journaliste à Istanbul croit que les intentions de l’Iran sont bonnes, mais une guerre régionale fait peur. Et puis, après tout, les bombes iraniennes sont destinés uniquement à Israël.

L’Extrême-Orient a sa propre vision de l’Iran – Corée du Nord. Le monde, dirigé par les Etats-Unis, a voulu croire à l’idée que les sanctions et les négociations pourraient y fonctionner. Plusieurs pays, également six, comme pour les pourparlers face à l’Iran – se sont réunis pour résoudre la crise en Corée du Nord. Ce week-end nous avons vu comment les visages de la dynastie Pyongyang – la seule dynastie stalinienne de l’histoire – peut changer sans que ses politiques n’évoluent. La Corée du Nord a démontré son arrogance vendredi par le lancement d’un missile balistique, malgré avoir promis de ne pas le faire. Et après avoir été menacé par le monde de nouvelles sanctions appropriées. Le lancement a peut-être échoué, mais la Corée du Nord a essayé de restaurer sa fierté perdue avec un troisième essai nucléaire. Ils ont la capacité nucléaire. Et le monde a échoué. Il est maintenant trop tard pour prendre un risque.

Dans l’ensemble, ce week-end a été très mouvementée. Au Caire, comme prévu, la place Tahrir est devenu une arène pour un choc des Titans : l’armée égyptienne et les islamistes. La bataille pour la présidence, contre la candidature de Suleiman, a frappé les quartiers dominés par les Frères musulmans. La fraternité n’a pas seulement volé la révolution de la jeunesse démocratique égyptienne, mais maintenant ils ont aussi volé la place Tahrir.

En Syrie, l’ONU a voulu présenter une réalisation – un accord de cessez-le-feu -, mais pour une raison quelconque, le cessez-le-feu fait toujours des victimes civiles.

L’Union africaine a également aucune idée de par où commencer pour résoudre ses crises: le Nord et le Sud-Soudan ont repris leurs violences, au Mali, la ville joyeuse et magique de Tombouctou est tombé aux mains des rebelles, et en Guinée-Bissau, l’armée a fait un coup d’Etat juste avant les élections.

Peut-être qu’Obama et Erdogan ont raison. Peut-être atteindrons nous la paix mondiale un jour. Il se peut même que lorsque le conflit israélo-palestinien soit résolu, il n’y aura plus de problèmes dans le monde, pas même à Tombouctou. Parce que, vous l’avez sans doute remarqué, il y a des conflits graves partout dans le monde, mais seulement Israël et son aéroport Ben Gourion est le lieu où arrive depuis ce matin une flottille aérienne « humanitaire. »

ParElinor Cohen-Aouat – JSSNews

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3 Réponses à Pendant ce temps, à Tombouctou…

  1. DANZIGER Répondre

    15 avril 2012 a 15:50

    Nord Mali/Azawad :

    Le MNLA dénonce une instrumentalisation d’AQMI
    http://www.youtube.com/watch?v=c7I2Cc21MWs

  2. djurdjura Répondre

    15 avril 2012 a 17:32

    arrêtez de gober les salades que servent l’anegrie la france et le mali sur les touaregs et leur combat, ils se battent pour leurs terres ancestrales, les barbus sont là pour servir les desseins de la france qui compte bien y rester quitte à écraser et spolier (par l’intermédiaire de l une nouvelle fois les touaregs.
    allez voir le site de Bernard LuGAN. C’est quand même autre chose que les bobards de L’AFP.

  3. djurdjura Répondre

    15 avril 2012 a 17:39

    pardon, je voulais écrire (par l’intermédiaire de la CEDEAO)

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