Petit à petit, l’Iran chiite infiltre la Tunisie post-révolution

Publié le : 24 avril 2012

Le ministre iranien des Affaires étrangères Ali Akbar Salehi a achevé une visite de travailles 23 et 24 avril en Tunisie à la tête d’une importante délégation. S’adressant à la presse après une entrevue avec le chef du gouvernement tunisien, l’islamiste Hamadi Jebali, le ministre iranien des Affaires étrangères a jugé « satisfaisants » les relations bilatérales.

Lors d’un point de presse, il s’est adressé au peuple Tunisien et s’est dit très heureux d’être le premier responsable Iranien à venir à la Tunisie post-révolutionnaire.  Il  a qualifié de « solides » les relations entre la Tunisie et l’Iran.
Salehi a déclaré également que l’Iran soutiendra la Tunisie sur tous les plans: économie, commerce, industrie et technologie.

Le souk de Gabès

 
Peiman Djebelli, ambassadeur d’Iran en Tunisie, a estimé que sur sur le plan économique, les choses avancent. Le volume des échanges commerciaux entre les deux pays atteint l’an dernier 10 millions de dollars.
 
En Février dernier, le  vice-président iranien Mohammad Reza Rahimi lors d’une réunion avec l’ambassadeur tunisien à Téhéran, Mohammad al-Hasayeri, a  souligné la préparation de Téhéran à partager ses expériences avec la Tunisie dans tous les domaines. Lors de la réunion, Rahimi a également réitéré qu’il n’y a pas d’obstacle dans la voie de l’expansion des relations bilatérales entre l’Iran et la Tunisie.

Inscrivez-vous à la newsletter de JSSNews
 
Aujourd’hui, pour atténuer les effets des sanctions internationales, Téhéran semble vouloir faire des pays du  Maghreb une passerelle pour ses exportations hors hydrocarbures. Pour preuve, le chef de la diplomatie iranienne, veut relancer les dossiers économiques, augmenter les échanges commerciaux et faciliter les investissements avec l’Aglérie, la Tunisie et la Lybie.
 
La République islamique d’Iran entretient de bonnes relations avec le mouvement islamiste Ennahdha au pouvoir en Tunisie. Le cheik Rached Ghannouchi, président d’Ennahdha, est un admirateur de l’Ayatollah Khomeiny.
La République islamique, gouvernée aujourd’hui par le Guide suprême, l’Ayatollah Ali Khamenei,  encourage aussi l’expansion du chiisme dans les pays Maghreb, un courant de l’Islam considéré comme hérétique par les sunnites.
 
Des organismes de propagande de cette idéologie musulmane d’inspiration iranienne sont de plus en plus nombreux en Tunisie. Les bibliothèques d’obédience chiite fleurissent dans les différentes médinas des villes tunisiennes. L’une d’elles, baptisée «Fatma Zahraâ», située au cœur de la médina de Tunis.
 
Depuis la Révolution du 14 janvier la pénétration insidieuse du chiisme est constatée et ses  rangs grossissent considérablement depuis la chute du régime de Ben Ali. La vente de livres chiites est maintenant autorisée largement. Des écoles religieuses mahdistes sont ouvertes de plus en plus souvent.

On parle désormais de Gabès comme le haut lieu du chiisme tunisien. Une grande mosquée chiite y sera inaugurée en 2013. Les Chiites sont sortis de leurs cachettes dans cette ville depuis la chute du président Ben Ali.
 
L’Imam chiite Mohamed Tijani Smaoui, a envoyé l’année dernière quelques centaines de chiites tunisiens dans les écoles de Najaf, de Karbala et de Qom. En fait, d’après certaines sources, certains sont déjà à Téhéran pour recevoir une formation au sein du corps paramilitaire des Gardiens de la Révolution.
 
Ftouh Souhail – JSSNews
Rejoignez JSSNews sur Facebook !

 

Print Friendly

8 Réponses à Petit à petit, l’Iran chiite infiltre la Tunisie post-révolution

  1. Guycirta Répondre

    25 avril 2012 a 00:08

    Les iraniens tissent leur toile dans le monde arabe. Mais en même temps d’autres pays arabes comme le qatar se paient bon nombre de pays dont notamment la France à coup de pétrodollars. Islamiser le monde constitue à terme l’objectif avoue du monde arabe.

  2. Tor Répondre

    25 avril 2012 a 02:59

    Que l’Iran soit satisfaite des changements en Tunisie devrait finir de convaincre les quelques démocrates tunisiens que leur « révolution » a été confisquée par les islamistes, que rien de bon ne les attend et que cela précipitera la fin de l’islam dans la guerre qui l’attend contre l’occident .

  3. bd Répondre

    25 avril 2012 a 10:41

    la fin de l’islam ?? l’occident a toujours été en guerre contre l’islam depuis 1400 an et vice versa (croisade,jihad,anadalousie ,reconquista,destruction de l’empire byzantin par les musulmans ,colonisation ,empire ottoman etc etc )
    L’occident aujourd’hui est dans le declin,l’islam politique monte en fleche ..il suffit d’un rassembleur pour que tout bascule

  4. trumpeldor Répondre

    25 avril 2012 a 11:10

    « L’occident aujourd’hui est dans le declin,l’islam politique monte en fleche ..il suffit d’un rassembleur pour que tout bascule »

    Le rassembleur pourrait se révéler en occident……
    Je suis d’accord,l’europe de l’ouest (portugal exclu) est foutue,mais l’Europe centrale,le Nouveau Monde (USA/CANADA),Israel,l’Australie /NZ sont bien vivants !
    Il suffirait d’un nouveau Churchill qui avait cependant trahi les aspirations sionistes en 1923 mais qui a sauvé son pays de l’envahisseur nazi .

    • méfaresh01 Répondre

      25 avril 2012 a 16:41

      Une douzaine d’engins nucléaires de basse puissance suffira…..

    • Gilles Répondre

      25 avril 2012 a 17:24

      C’est aussi pour cela qu’une Indépendance Vénète est souhaitable ! La Sérénissime a été aux avants postes des combats contre les infiltrations mahométanes en Occident durant plusieurs siècles…
      Je suis Vénète de par ma maman et il existe là bas de forts mouvements indépendantistes malheureusement encore divisés… J’imaginerais bien une alliance entre un Etat Vénète (qui n’a jamais été antisémite) et Israël… ;-)

  5. Trumpeldor Répondre

    25 avril 2012 a 18:06

    C’est quand meme etrange,shit. and sun.tes s’entendent comme chien et chat et la tunisie n’a aucune tradition shit,moi pas comprendre ????

  6. Geoland Répondre

    25 avril 2012 a 23:07

    15 jours après l´arrivée de Khomeini à Téhéran (1er février 1979), l´OLP annonce que Yasser Arafat accepte l´invitation de visiter l´ayatollah et l´Iran dans les plus brefs délais. Komeini était impatient de se rencontrer avec le leader Palestinien, afin de fêter ensemble la Révolution Islamique Iranienne et leur triomphe. Yasser Arafat fut, de fait, le premier homme politique d´importance à se réunir avec Khomeini, après sa prise de pouvoir à Téhéran.
    Ces mêmes jours, pluieurs sources Palestiniennes avaient confessé comme quoi les Forces Révolutionnaires Iraniennes avaient reçu des armes envoyées par le Fatah, durant les quatre derniers mois (fin 1978-début 1979), et que des guerrilleros Iraniens avaient été entrainés dans les camps Palestiniens, depuis le début des années 70.
    le 17 février 1979, Arafat arriva à Téhéran et reçut la promesse de Khomeini, comme quoi les Iraniens « se chargeraient de la victoire sur Israël ».
    Scellant une alliance « à la vie, à la mort » des deux parties, l´OLP-Fatah prendra divers visages publics jusqu´à aujourd´hui, ..mais toujours au gré et nécéssités de Téhéran, et ne perdant jamais son rôle de catalyseur anti-Juif anti-Israélien, UNIQUE « argument » permettant de surpasser les différences Sunites-Chiites.

    Un mois après le début de la Guerre Iran-Irak ( septembre 1980), les Gouvernements Arabes s´étaient rangés du côté Irakien.
    L´Arabie Saoudite et les autres états du Golfe Persique, voyant l´alliance OLP-Iran d´un mauvais oeil, appliquent diverses restrictions aux 400 000 Palestiniens vivant dans leurs pays respectifs (interdictions de meetings politiques, restriction de visas, etc…)
    La raison est que les Autorités de ces pays voient l´alliance de l´OLP avec les Chiites Iraniens comme suspecte, ..Chiites qui ont promis l´exportation de leur Révolution Islamique.

    Durant les trois décennies suivantes, l´Iran des Mollahs et l´OLP-Fatah essaieront bien des tactiques pour procéder à cette exportation Théocracique, avec plus ou moins de résultats.
    Ce n´est que récemment, comme quoi l´Iran est arrivé à la conclusion comme quoi son meilleur atout était la plus grande Peur de tout gouvernement existant sur notre planète: une menace procédant depuis l´intérieur même de l´État. Guerre civile et Révolution sont donc les armes suprêmes pour renverser un gouvernement donné, … et surtout si ce dit gouvernement est ouvertement ou tacitement opposé à l´Iran des mollahs.
    Une fois la tête Gouvernementale tombée, toutes les possibilités sont ouvertes. Ne reste plus à l´Iran qu´à placer ses pions.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *