Mitt Romney en Israël pour faire pencher les américains en sa faveur

Publié le : 27 juillet 2012

Le candidat républicain à la présidentielle américaine, Mitt Romney, arrive ce week end en Israël. Lors de sa visite, il rencontrera le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu. Il entamera, ainsi, sa quatrième visite de l’Etat hébreu.

Une amitié de longue date les lie, ils ont travaillé ensemble quelques mois au Boston Consulting Group en 1976. Depuis, ils entretiennent une relation privilégiée et se consultent régulièrement sur un certain nombre de dossiers internationaux, en particulier, sur celui de l’Iran.

Bien que le volet de la politique étrangère américaine ne soit pas la préoccupation majeure des Américains dans une situation économique très dure que traverse les Etats-Unis, les relations israélo-américaines et le programme nucléaire iranien sont deux thèmes de campagne importants, tant pour les Démocrates que pour les Républicains.

Un sondage du « Public Religion Research Institute » précise d’ailleurs que 51 % des électeurs juifs mettent la situation économique au premier plan, 4% se prononcent en fonction de l’avenir d’Israël et 2% jugent les problèmes liés à l’Iran.

Les relations tendues entre Benjamin Netanyahu et Barack Obama ne devraient pas influencer l’électorat juif américain qui avait largement voté pour Barack Obama en 2008. Un récent sondage indique que plus de 62 % des intentions de vote (contre 78 % en 2007) des Juifs américains se portent actuellement sur Obama contre 30% pour Romney.

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Les intentions de vote des deux cent cinquante mille ressortissants américains vivant en Israël (la 4e plus grande communauté d’expatriés américains au monde) devraient plus se porter sur le candidat républicain comme lors des deux dernières élections présidentielles américaines.

Loin du fantasmatique « vote juif », l’électorat juif américain qui représente à peine moins de 2 % de l’électorat américain peut s’avérer toutefois un vote crucial pour la victoire dans deux Etats vitaux : la Floride et la Pennsylvanie.

Ce déplacement en Israël de Mitt Romney sera surtout pour le candidat républicain l’occasion d’amorcer concrètement l’esquisse de sa vision du monde. Tout au long des primaires de son parti, il s’est engagé à modifier la politique internationale américaine qui a « perdu sa foi dans les idéaux américains ». Il estime nécessaire de renforcer la puissance militaire et nucléaire des États-Unis et de lutter contre le terrorisme et l’extrémisme islamique. Il juge à ce titre que les Etats-Unis et Israël ont des intérêts stratégiques communs qui ont été mis à mal durant tout le mandat d’Obama.

Depuis le début de sa campagne, Mitt Romney critique la politique « faible et malavisée » du président sortant sur le Moyen-Orient, qui serait, selon lui, dangereuse pour Israël. Il a ainsi déclaré le mois dernier que s’il était élu, il ferait « le contraire » de la politique menée par Barack Obama dans la région.

Le candidat républicain a également récemment sous-entendu qu’une réélection d’Obama conduirait inéluctablement à la bombe atomique iranienne : « Si vous réélisez Barack Obama, l’Iran aura l’arme nucléaire. Si vous votez pour moi, cela ne se fera jamais. ».

Chaud partisan d’un retour à l’Amérique « forte », une Amérique conquérante économiquement et militairement, loin de la vision multipolaire du monde d’Obama, qui n’a guère porté ses fruits diplomatiquement au cours de son mandat, mais et surtout, à contrepied de son propre électorat et d’une grande majorité d’Américains plutôt enclins à une politique isolationniste, il fait un pari risqué qu’il assume parfaitement : « Si vous ne voulez pas que l’Amérique soit la nation la plus forte du monde, je ne suis pas votre président », a-t-il lancé.

Son équipe chargée de la politique étrangère est un peu la ligne dure de l’ancienne administration de Bush fils, on retrouve notamment Michael Chertoff, l’ancien secrétaire à la sécurité nationale, et Michael Hayden, l’ancien directeur de la CIA, qui ont été des fers-de-lance de la seconde guerre en Irak.

Une élection ne se joue sur la politique étrangère qu’en temps de guerre, mais les bouleversements géopolitiques du printemps arabe et l’arrivée au pouvoir des Islamistes fondamentalistes connus pour leur haine des Etats-Unis, d’Israël, et proches du régime iranien pourraient dans les cinq mois qui nous séparent de l’élection présidentielle devenir un sérieux enjeu de sécurité nationale.

Le candidat républicain ne manquera pas de souligner les diverses mains tendues d’Obama au monde arabe et à l’Iran et ses pressions sur le Département d’Etat et Hillary Clinton pour lâcher l’ex-président égyptien, Hosni Moubarak, au grand dam des deux grands alliés des Etats-Unis dans la région, Israël et l’Arabie Saoudite.

La réalité diplomatique de cette politique de main tendue au monde arabe et à l’Iran est cinglante. En 2011, l’institut de sondage américain Pew Research indiquait que tous les efforts d’apaisement du président américain Obama ont échoué :

En Egypte, ville où il a prononcé son historique ”discours du Caire” inaugurant sa nouvelle politique de rapprochement avec l’islam, les États-Unis étaient à un taux de 20 % d’opinions favorables, soit 7 points de moins qu’en 2009.

Au Pakistan, la cote de sympathie envers les États-Unis était à 11 %, soit une baisse de cinq points depuis le discours du Caire. (Sondage réalisé avant l’exécution d’Ossama Ben Laden et les accusations de violation de la souveraineté du Pakistan).

En Jordanie et en Turquie, deux importants alliés régionaux, les taux de sympathie envers l’Amérique sont passés respectivement à 13 % (en baisse de 12 points) et 11 % (en baisse de quatre points).

De plus, malgré le retrait effectif des soldats américains d’Irak, la situation sécuritaire et politique de ce pays reste problématique pour la diplomatie américaine, tout comme en Afghanistan.

Sur la question syrienne, là aussi la stratégie d’Obama a échoué. En 2009, à la surprise générale du Congrès américain et de la communauté internationale, il avait nommé un nouvel ambassadeur à Damas, cinq ans après le retrait de l’ambassadeur précédent suite à l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafik Hariri, sortant un peu plus la Syrie de son isolement international et pour quel résultat ? Le régime syrien n’a pas bougé d’un cil sur les enjeux jugés importants par les Etats-Unis – ni le Liban, ni les relations inter-palestiniennes, ni l’Irak, ni l’aide syrienne à l’Iran et au Hezbollah, ni les négociations avec Israël.

Aujourd’hui après plus d’un an de révolte civile et plus de vingt mille morts, Assad se maintient coûte que coûte au pouvoir grâce aux soutiens de la Russie et de la Chine.

Que ce soit pour l’Irak, l’Afghanistan ou la Syrie, l’administration Obama n’a pas pris ou n’a pas voulu prendre la pleine mesure du rôle du régime iranien, que ce soit avec ou sans pression du gouvernement israélien, pour contenir les ambitions belliqueuses iraniennes. Obama ou Romney ne pourront faire l’impasse sur des décisions politiques et militaires majeures dans les mois et années à venir.

Yohann Taïeb – JSSNews
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9 Réponses à Mitt Romney en Israël pour faire pencher les américains en sa faveur

  1. alain Répondre

    27 juillet 2012 a 20:25

    qu’il soit élu ! amen et chabat chalom..

  2. Armand Répondre

    27 juillet 2012 a 21:30

    Le petit  » coup de pouce  » du destin voudrait qu’il soit élu de manière qu’ Israël n’irait pas tout seul au casse pipe. Cet Obama est une calamité pour nous , il faut à tout prix qu’il dégage . Quand je pense que des juifs le financent et le soutiennent , je me demande dans quel monde on vit .

  3. Frank Répondre

    28 juillet 2012 a 01:16

    Je ne comprends pas pourquoi les juifs américains votent Obama si leur critère est l’économie car dans ce domaine, son échec est encore plus grave qu’en politique étrangère.

  4. popi soudure Répondre

    28 juillet 2012 a 17:31

    tout sera mieux qu ‘ obama aux pouvoirs !

  5. mike Répondre

    28 juillet 2012 a 23:34

    A quand le transfert de leur ambassade à Jérusalem, c’etait une des promesses du précédent candidat Malheureux à la présidence en 2008 « Mc Cain »?

  6. bangkok Répondre

    29 juillet 2012 a 05:45

    Qu il passe president ,AMEN VE AMEN….

  7. Dov Répondre

    29 juillet 2012 a 07:03

    C’est bien connu les arabes ne comprennent que la manière forte et bien mitt romney lui l’a bien compris!
    Obama lui qui tend la main aux ennemis d’Israël et en particulier l’Iran avec son nain de jardin.
    Les pays arabes ne souhaitent qu’une chose que Obama soit réélu pour encore mieux le dominé.
    Américains révélez vous pendant qu’il encore temps : voter ROMNEY.

  8. manitou Répondre

    29 juillet 2012 a 10:41

    Obama,carter aux chiottes,qui se ressemble s’assemble.

  9. Phil Répondre

    16 octobre 2012 a 13:33

    Armand en lisant ton commentaire je me demande quel monde tu vis ! Affligeant

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