Il aura fallu la vision d’un Juif pour relancer le tourisme chrétien à Nazareth

Publié le : 19 août 2012

Il a fallu la vision d’un Juif israélien pour transformer le manoir abandonné d’un Arabe chrétien en une auberge populaire dans l’une des villes les plus saintes selon le christianisme : Nazareth.

Jusqu’il y a quelques années, les pèlerins chrétiens de Nazareth n’étaient pas en mesure de trouver une chambre d’hôtel dans la ville. La plus grande ville arabe d’Israël, avec 85.000 habitants, n’avait jamais fait le moindre effort pour bien accueillir les cars de pèlerins chrétiens qui visitent chaque jour la célèbre basilique de l’Annonciation. Ces derniers arrivaient dans la ville, visitait les lieux, faisaient le tour de la place centrale et repartaient tout aussi rapidement. Aucun hôtel digne de ce nom n’avait été créé en dépit du fameux mythe de l’hospitalité légendaire arabe.

Mais voilà, un jeune entrepreneur juif du nom de Maoz Inon avait de grands projets pour Nazareth, ville où les chrétiens pensent qu’un jeune Juif d’alors, nommé Jésus, a passé son enfance sous occupation romaine.En tant qu’Israélien, Inon aime la terre, et a traversé le pays à pied du nord au sud. Et lors de ses randonnées, il a traversé Nazareth. Il a trouvé cette grande bâtisse en ruine. Il a alors commencé à imaginer de grandes choses.

Inon a d’abord regardé les plans de développements des petites entreprises de la ville, il a participé une réunion générale des entrepreneurs et il y a rencontré une jeune chrétienne, Suraida Shomar-Nasser, qui venait de terminer des études de gestion hôtelière. Shomar-Nasser pensait qu’Inon était s’était trompé d’endroit car il s’agissait d’une réunion pour le développement des petites entreprises arabes. Mais Inon lui a assuré que son but était bien de développer une entreprise dans la ville à majorité arabe d’Israël : Nazareth.

Au détour d’une conversation, la femme a expliqué que son grand père décédé, Fauzi Azar, avait possédé une grande propriété dans la Vieille Ville. Elle appartenait à la famille depuis des générations, mais depuis la mort de la grand-mère en 1989, la maison a été abandonnée. Pire, un incendie l’avait partiellement détruit il y a neuf ans.

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« J’ai grandi dans cette maison », explique Shomar-Nasser, en se rappelant des dîners de famille avec ses frères et sœurs le week-end. « La maison était dans le centre de la vieille ville, un endroit non souhaité à l’époque puisque les rues étaient considérées comme dangereuses. C’était long et fatiguant pour rejoindre la ville. Et puis, avec des enfants, la promenade est fatigante, les marches sont nombreuses », explique la femme.

Mais les oreilles d’Inon se sont dressées quand il a entendu parlé de ce domaine. Il était sûr que c’était juste le bon endroit pour mettre en place son propre hôtel. Il a demandé Shomar-Nasser le numéro de sa mère et, quelques jours plus tard, Odette Azar-Shomar a accepté de faire visiter la propriété au jeune Juif israélien.

Très vite, les deux trouvent un accord. Comme Inon n’avait pas d’argent, en échange d’un bail à court terme, il promet de rénover la maison pour en faire une auberge, avec l’aide du centre culturel et touristique de la ville.

Comme Fauzi Azar a eu cinq filles et aucun fils, son nom n’a pu se transmettre aux générations futures, il a donc été décidé que Azar deviendrait le nom de l’hôtel. Une auberge qui a ouvert en 2005  – un endroit aujourd’hui connu comme ayant « lancé le tourisme dans la vieille ville de Nazareth ».

The Fauzi Azar Inn offre aux voyageurs un vrai goût de la vie dans la ville moderne de Galilée. Ses installations de charme, comprennent d’impeccables plafonds ornés de fresques des années 1800 ainsi que des arches originales, des tuiles et accessoires en bois. L’auberge offre un hébergement de style dortoir (auberge de jeunesse) et aussi des chambres privées avec salle de bains. Les grandes aires de repos arabes sont ponctuées par des arcs et des murs en pierre.

La gestion journalière de l’auberge est confiée à Shomar-Nasser. Ses soupçons au sujet de l’étranger juif qui voulait faire des affaires dans la Vieille Ville ont depuis longtemps été dissipés.

Un aspect important de l’auberge est son emplacement sur le sentier de Jésus, une route de plusieurs kilomètres qui retrace les étapes possibles du jeune Jésus quand il vivait dans la région. L’initiative de Inon, avec un spécialiste des balades dans la région, et en partenariat avec le Ministère israélien du Tourisme, fait de ce lieu l’endroit idéal pour les pèlerins venus du monde entier.

Inon a également offert des « visites gratuites » de la ville pour permettre à ses clients de découvrir les « secrets épicés » de Nazareth. Les visiteurs sont guidés vers le célèbre marché aux épices de la ville, visitent son moulin (toujours en fonctionnement) vieux de 150 ans, et dégustent le meilleur café de la ville.

Avant la visite, Shomar-Nasser donne aux clients une conférence sur l’histoire de la maison et l’histoire de son partenariat avec Inon.

Par Lynda Aldor – Avec Rivka Borochov – JSSNews
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5 Réponses à Il aura fallu la vision d’un Juif pour relancer le tourisme chrétien à Nazareth

  1. scholle Répondre

    19 août 2012 a 14:47

    Magnifique ! Merci d’avoir publié cette histoire

  2. 974 Répondre

    19 août 2012 a 17:52

    Reste plus qu’à faire la même chose à Bethléem, mais là ça risque d’être plus compliqué.

  3. KESEM Répondre

    19 août 2012 a 18:45

    Natzeret c’est en Israel Bethléem niet

  4. maujo Répondre

    19 août 2012 a 19:13

    Est ce que cette histoire, c’est bon pour Israel et le juifs??

  5. DAVID BAR TZION Répondre

    19 août 2012 a 22:19

    Bethleem c’est Israël autant que Tel Aviv, Nazareth ou Hebron

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