Pourquoi Israël n’a pas peur des représailles iraniennes…

Publié le : 20 août 2012

La semaine dernière, l’Iran a envoyé un émissaire de haut niveau, Saeed Jalili, sur un terrain diplomatique particulièrement controversé : le Liban et la Syrie, le coin le plus explosif de la région. Après s’être fait ébouriffé les plumes lors d’une escale à Beyrouth, Jalili s’est rendu à Damas pour rencontrer le président syrien Bachar al-Assad :  il y a déclaré que les liens entre l’Iran, la Syrie et le Hezbollah devaient être renommés : «axe de la résistance».

Jalili est une figure emblématique, sa position à la tête du Conseil national suprême iranien de la sécurité lui donne aussi le rôle de négociateur en chef pour le programme nucléaire militaire. Au milieu d’une impasse dans les négociations, entre deux discours menaçants, la visite Jalili avait pour but de rappeler aux Israéliens que les mandataires de l’Iran aux portes nord d’Israël demeurent prêts à plonger la région dans le chaos si Israël frappe les installations nucléaires de l’Iran

Il semble cependant que les alliés de l’Iran dans la Méditerranée orientale n’ont peut-être pas autant d’entrain à entrer en guerre que Téhéran le voudrait – et ça, les israéliens le savent parfaitement.

La menace d’une guerre simultanée avec les terroriste du Hezbollah, la Syrie et la bande de Gaza est la principale préoccupation de l’establishment sécuritaire israélien et pèse lourdement sur la décision d’une attaque contre l’Iran. Surnommé « le bras long de l’Iran » au siège de Défense israélienne, le Hezbollah au Liban dit posséder plus de 70.000 missiles pouvant frapper aussi loin que le réacteur nucléaire israélien près de la ville de Dimona.

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Combinez cet arsenal avec les plus de 10.000 roquettes et missiles de la bande de Gaza et avec les armes chimiques d’Assad, et ajoutez la menace pesant sur le front intérieur d’Israël – cela devient la menace la plus redoutable depuis la guerre du Kippour en 1973, lorsque l’Egypte et la Syrie ont attaqué Israël.

Et pourtant, les dirigeants israéliens semblent se contenter de hausser les épaules face à cette menace. À deux occasions récentes, le ministre de la Défense Ehud Barak a estimé que, en cas de conflit, « seulement » 300 et 500 personnes civiles seraient blessées. Une telle estimation suggère que Barak lui-même ne croit pas que les villes israéliennes payeront la réponse du bras long de l’Iran.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a également rejeté le danger d’un conflit régional en affirmant que ces menaces qui pèsent sur le front intérieur sont « éclipsées » par un Iran nucléaire.

A en juger par leurs déclarations, les dirigeants du Hezbollah ne sont pas si sûrs de vouloir entrer en conflit avec Israël à la demande de l’Iran. En Février 2012, le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a déclaré : «Je vous dis que les dirigeants iraniens ne demandent pas au Hezbollah d’agir pour eux. Si cela devait arriver, ce jour-là, on s’assoira et on parlera ».

L’hésitation de Nasrallah est compréhensible. Entrer en conflit avec Israël entraînera des destructions au Liban encore plus grandes que lors de la guerre du Liban en 2006. Cette fois-ci, le Hezbollah ne sera pas en mesure de reconstituer ses stocks ou de reconstruire les villages détruits si facilement. Le garant de Nasrallah à Damas est dans une position compliquée tandis que les banques de Téhéran ont déjà,  suite aux sanctions internationales, réduit le financement du groupe chiite.

En outre, la conclusion d’un conflit avec Israël serait susceptible d’endommager gravement la milice privée de Nasrallah, au profit de ses rivaux sectaires, lui ôtant la seule garantie de son hégémonie politique au Liban.

En Syrie, Assad fait face à des préoccupations similaires. Un conflit avec Israël pourrait compromettre son avantage militaire sur une armée rebelle de plus en plus puissante, y compris sur ses stocks d’armes chimiques, nécessaires afin de garantir la protection des enclaves alaouites.

Pendant ce temps, les relations de l’Iran avec des groupes terroristes dans la bande de Gaza ont connu une évolution spectaculaire au milieu du printemps arabe. Alors que Mahmoud al-Zahar, haut responsable du Hamas à Gaza, a affirmé en mars 2012 que « si Israël nous attaque, nous répondrons. S’ils ne le font pas, nous ne nous ingérerons pas dans un conflit régional », une information publiée en Iran dit exactement le contraire : « le Hamas se vengera de la plus grande puissance qu’il soit si Israël devait attaquer l’Iran ».  Cela ressemble à un coup de bluff de la presse iranienne, aux ordres des ayatollahs.

Indépendamment de la façon dont les médias iraniens peuvent présenter Zahar, le Hamas semble revenir à ses loyautés sunnites, la lèche aux Frères musulmans d’Egypte est plus au goût du jour. En outre, le traumatisme du conflit armé avec Israël en 2009 dans la bande de Gaza, connu sous le nom d’Opération Plomb Durci, n’incite pas les habitants de Gaza à se prendre une nouvelle déculottée.

En dépit de l’état affaibli des procurations de l’Iran, une attaque israélienne contre le programme nucléaire de l’ayatollah ne sera pas sans conséquence. Le Hezbollah et des groupes salafistes de Gaza sont tout de même susceptibles d’attaquer Israël en solidarité, mais uniquement dans un effort limité. A en juger par dernières informations, ces groupes comprennent parfaitement les lignes rouges d’Israël, tout en sachant exactement le niveau de réponse israélienne : ils vont agir, se prendre des claques, mais Israël se retiendra d’y aller trop fort.

Netanyahu semble prêt à entrer dans l’histoire comme le premier ministre qui a sauvé Israël d’un Iran nucléaire. Et il compte sur des représailles minimale des procurations de l’Iran si Israël frappe en premier. Mais comme l’explique les meilleurs historiens : « la guerre est un enchaînement d’erreurs de calcul ».

Par Avi Retschild – JSSNews
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15 Réponses à Pourquoi Israël n’a pas peur des représailles iraniennes…

  1. Goul Répondre

    20 août 2012 a 10:59

    « Le Hezbollah et des groupes salafistes de Gaza sont tout de même susceptibles d’attaquer Israël en solidarité, mais uniquement dans un effort limité. » Si vous saviez ce que les salafistes pensent des chiites …

    • Gally Répondre

      20 août 2012 a 11:53

      Tout le monde le sait, mais tout le monde sait aussi qu’ils partagent la même haine des Juifs. Il suffit de voir le Hamas sunnite financé par l’Iran pour constater que cette haine dépasse de loin la haine sunnite/chiite

    • דוד Répondre

      20 août 2012 a 17:46

      Ça dépasse largement ces groupes… les « arabes » restent un agglomérat de « tribus » … Ils s’entretuent, puis ils s’associent ponctuellement contre un ennemi commun, puis ils retuent entre eux… – Il paraîtrait même que l’Irak aiderait l’Iran à contourner son blocus… Un comble si avéré alors qu’ils se sont massacrés pendant 8 ans avec une violence indescriptible !
      Mais rassure-toi, des girouettes opportunistes, c’est très facile de les retourner les unes contre les autres et ça c’est leur très gros point faible !

      Un agglomérat de tribus de parviendra jamais à vaincre l’unité indestructible d’un peuple tel que le nôtre…

      • אבנר neoplasme Répondre

        20 août 2012 a 18:07

        « Un agglomérat de tribus de parviendra jamais à vaincre l’unité indestructible d’un peuple tel que le nôtre… »

        Tu viens d’avoir tous les chiffres du loto David ???

        • דוד Répondre

          20 août 2012 a 22:55

          Héhéhé…
          Je ne joue pas au Loto – C’est un jeu que je méprise totalement ! C’est un jeu de « cocus, naïfs et paresseux » qui aiment ‘l’argent facile »… LOL !
          C’est une méthode pour devenir riche « mathématiquement stupide »… Je préfère de loin utiliser mon intelligence et ma créativité pour faire fortune… Mathématiquement, je coupe les pattes au hasard hautement improbable et je laisse place à la rationalité :)
          Un peuple s’ingénie, les tribus jouent… – Le résultat est là: FLAAAAAGRANT ! :P

  2. RG1032 Répondre

    20 août 2012 a 12:26

    avant les différentes guerres israélo-arabes, y avait il autant d’analyses? d’hésitations? de préparations?

    et de divisions dans la société Israelienne?

  3. moshé Répondre

    20 août 2012 a 12:57

    faut pas se leurrer. l’attaque israéliènne engendrera quoique qu’en pense l’auteur de cet article,un embrasement de la région.
    d’abord avec le hezbollah,et cela est une certitude.le hamas dans la foulée du hezbollah enverra ses grads longues distances qu’il n’à jusqu’à présent pas utilisés. israèl craint aussi des incidents du coté du sinai.
    bon! bien que tout ceci semble beaucoup, les dirigeants militaires et politiques ont intégré toutes ces données. les évaluations d’un mois de guerre sont des prévisions calculées par l’échelon militaire,avec plus ou moins de précision.
    mais peut-on ètre précis dans une guerre?
    en tout état de cause l’issue ne fait aucun doute.destruction des sites iraniens, et dans la foulée les stocks du hezbollah et du hamas.et croyez bien que ces stocks pour israèl sont considérés comme autant dangereux que l’arme nucléaire iranienne.

  4. bangkok Répondre

    20 août 2012 a 14:16

    vous croyez en HACHEM ,c est le moment !
    mais comme tout le monde le sait,nous gagnerons encore !!

  5. Serge Belley Répondre

    20 août 2012 a 16:15

    Ce n’est pas en se tiraillant ou en se bousculant qu’on dérouille son adversaire
    Si Israël a l’audace et le courage d’attaquer le premier, il lui faudra mettre tout le paquet, la TOTALE, frapper fort de façon a ne pas laisser l’adversaire se relever et de contre-attaquer. Il ne faut pas laisser a l’adversaire l’espoir que le sort des armes se retournera en sa faveur.
    Ce qui est le plus étonnant dans un scénario ou les missiles seront lancés de toutes parts par les rapaces muzz c’est qu’ils se les balanceront entre eux, Israël est un territoire tellement exigu que je ne les crois pas assez avancés sur le plan technique pour atteindre des cibles stratégiques. A moins que les servants de ces batteries de missiles soient opérées par les russes. Celle-là je ne pouvait me retenir…

  6. popi soudure Répondre

    20 août 2012 a 17:43

    il ne faut pas se leurrer pour porter atteinte a israel , il y aura  » union  » entre sunnites et schlittes pour essayer de détruire israel et le monde juif !

  7. אבנר neoplasme Répondre

    20 août 2012 a 18:09

    Aprés le succès de l’opération plomb durçi les mollahs de l’ayatollahland vont gouter à l’opération ogives uranium appauvri sur les têtes de l’uranium enrichi ….

  8. david Répondre

    20 août 2012 a 18:38

    J’ai bien peur que 300 à 500 morts soit une evaluation erronée. De plus, cela parle des civils mais les soldats sont en premiere ligne.
    Esperons qu’il n’y ai ni morts ni blessés, mais moi je parlerai en milliers de morts helas. Enfin je ne suis pas un expert donc j’espere avoir tort… Hachem nous protège.

    • subliminalsong Répondre

      20 août 2012 a 22:57

      ça c’est rien, attends que téhéran ait la bombe, tu vas comprendre ce que c’est que le terrorisme intégral… la guerre de 2006 ça sera peanut’s…

  9. Darkan Répondre

    4 septembre 2012 a 13:22

    Je pense qu’il faudrait qu’on écrase d’un seul coup l’Egypte, le Liban, la Syrie, l’Irak et l’Iran, le Hamas et le Hezbollah ; histoire de reprendre définitivement et durablement notre hégémonie absolue sur le Proche et Moyen-Orient.

  10. kmichele Répondre

    9 décembre 2012 a 15:31

    Je pense qu’ISRAEL sait ce qu’il fait, et nous n’avons pas toutes les informations à notre niveau.
    Je ne pense pas que l’IRAN parviendra à avoir la bombe. Cela engendrerait trop de problèmes dans le Monde, voire à la destruction totale du Monde par jeu de dominos, et à mon avis nombre de pays se joignent à ISRAEL officieusement ou se joindront officiellement à ISRAEL le moment venu. Un peu comme les collabos qui ont retourné leur vestes quand le vent a tourné durant la Seconde Guerre Mondiale.
    C’est pourquoi je crois que le Monde préfère voir l’IRAN et sa bombe détruits.

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