Excellent programme du Festival d’Ile de France sur le thème de la diaspora

Publié le : 5 septembre 2012

« Diaspora ». A lui seul, ce mot, initialement utilisé pour désigner la dispersion du Peuple Juif, est depuis des siècles synonyme de déracinement, d’exil, d’épreuves. Et à chaque diaspora ses coutumes, ses traditions, ses musiques qu’il faut conserver, préserver à tout prix afin qu’elles ne sombrent pas dans l’oubli.

Yom

C’est justement sur la richesse musicale de ces dispersions, son adaptation et son évolution au fil des siècles et des patries, que propose de revenir la nouvelle édition du Festival d’Ile de France. Du samedi 8 septembre au dimanche 14 octobre 2012, une trentaine de manifestations – concerts, tables rondes, visites, lectures se dérouleront dans plus de vingt lieux prestigieux d’Ile de France – Institut du Monde Arabe, Bataclan, Gaieté Lyrique, théâtre de Fontainebleau ou église Notre-Dame de Vincennes pour n’en citer que quelques-uns.

Du New York de Lucia Pulido ou Martha Redbone à l’Arménie de Kormitas, en passant par le Liban d’Abdel Rahman el Bacha ou le Cap Vert de Cesaria Evora, à qui Angélique Kidjo rendra hommage au Cirque d’Hiver Bouglione, ce périple musical ne pouvait bien évidemment pas ignorer la musique klezmer, qui sera brillement mise à l’honneur par le clarinettiste Yom au fil de trois étapes successives, trois étapes symbolisant chacune une période majeure de l’histoire du Peuple Juif et de sa Diaspora.

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Dans un premier temps, Yom présentera « Création », composition mêlant clarinette, percussions iraniennes, contrebasse et violoncelle orientale, et replongeant le spectateur dans l’épisode de la sortie d’Egypte, et l’errance de quarante années dans le désert du Sinaï qui suivit.

Viendra ensuite « Déambulation », qui s’inscrit plusieurs siècles plus tard, et s’intéresse aux origines de la musique klezmer, née vers le 15ème siècle. Fanfares et répertoire klezmer traditionnel se rendront de la Dynamo des Banlieues Bleues de Pantin aux berges du canal de l’Ourcq, pour arriver jusqu’au Cabaret Sauvage, dans le parc de la Villette.

« Yom & the Wonder Rabbis », troisième et ultime étape de ce voyage initiatique, est quant à elle dédiée à la Diaspora juive actuelle, et sera l’occasion pour Yom & the Wonder Rabbis d’ouvrir aux sons rocks, électros et psychés la traditionnelle musique des ashkénazim d’Europe centrale et de l’est.

Guillaume Humery, alias Yom, nait à Paris en 1980, et décide très tôt de devenir clarinettiste. « J’ai commencé la clarinette à cinq ans en écoutant « Pierre et le loup » (de Prokofiev, NDLR). J’ai demandé à mes parents de jouer de la clarinette. Plus tard, j’ai appris que mon grand-père paternel avait été clarinettiste, notamment dans les bals des mines du nord de la France. Mais les adultes n’ont pas été directement responsables de mon choix et ne l’ont pas influencé ».

Surdoué, il intègre le Conservatoire de Paris à dix ans, est formé par Franck Seguy (médaille d’or en clarinette à dix-huit ans) et Richard Veille (Premier Prix du Concours International de Colmar, Prix spécial de la « Harpe d’Or » à Belgrade), et obtient en 1997 le Premier Prix de clarinette du prestigieux établissement.

Depuis 2004, Yom a sorti cinq albums, dont « Unue » en 2009, qu’il a dédié au clarinettiste argentin Giora Feidman, ou encore « In Love », en 2011, dans lequel il part à la rencontre d’airs des Balkans, de Turquie, de Roumanie, etc.

Festival d’Ile de France, du 8 septembre au 14 octobre 2012.
« Yom, d’est en ouest », le vendredi 14 septembre 2012. « Création », à 20h00, à la Dynamo des Banlieues Bleues de Pantin. « Yom & the Wonder Rabbis », à 22h00, au Cabaret Sauvage (Paris 19ème).

Par Alon Hermet – JSSNews
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6 Réponses à Excellent programme du Festival d’Ile de France sur le thème de la diaspora

  1. danièle Répondre

    5 septembre 2012 a 10:05

    pourquoi dans l’institut du monde arabe ?

    • Harry Davidson Répondre

      5 septembre 2012 a 17:48

      Sans doute à cause des 950.000 juifs qui ont été forcés de quitter les pays arabes…c’était ma minute d’humour noir, mais je ne comprends pas non plus. C’est sans doute pour ne pas les offenser…

  2. Gérard Pierre Répondre

    5 septembre 2012 a 11:32

    Prions pour que ces manifestations ne soient pas perturbées par d’infâmes ignares décérébrés, …… comme il en traîne malheureusement beaucoup trop en Île de France !

    Si madame Taubira est réveillée …… [façon de parler] …… elle nous expliquera encore que ça n’aura été là que l’expression d’une différence culturelle, …… ne nécessitant pas de poursuites !

  3. tsures Répondre

    5 septembre 2012 a 12:39

    De mon point de vue à cette échelle de temps il n’est plus question d’une « diaspora » mais d’un mouvement naturel d’une population à l’origine orientale et ayant comme d’autres peuples multiplié ou déplacé leurs centres de gravité; les arabes s’étant implantés au Maroc il y a 1300 ans et les hongrois installés à la même époque dans le bassin du Danube seraient en diaspora alors?
    Même si le peuple juif trouve sa source en terre Proche-Orientale il y a 2000 à 2500 ans, la branche ashkenaze elle en dehors de la religion n’a culturellement plus rien avoir avec cette région; Israël est selon moi une nécessité politique et non une nécessité géographique par excellence, pour moi le mysticisme religieux de retour à sion est secondaire, si on avait crée un état juif en Pologne orientale, en Espagne ou encore comme les colons anglo-saxons en Amérique du nord aurait été me semble t’il tout aussi naturel, les langues officielles seraient simplement devenues le yiddish, le ladino ou l’anglais.
    En tout cas ce festival est une bonne initiative évitant une trop forte orientalisation locale de la culture israélienne au dépens des cultures authentiquement juives.

  4. C.Dugato Répondre

    5 septembre 2012 a 13:35

    De là à ce qu’on nous fasse pleurer sur des musiques langoureuses de la diaspora algérienne en France ou des nazis en Argentine….

  5. tsures Répondre

    5 septembre 2012 a 17:46

    C’est curieux comme je suis censuré? Apparemment le seul choix de référence nationale qu’on laisse à un juif « diasporique » c’est Israël? je suis désolé, mais moi je fais une différence fondamentale entre juif et israélien, l’un n’implique pas forcement le second.

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