Inauguration émouvante du Mémorial de Drancy

Publié le : 22 septembre 2012

C’est autour d’un important dispositif de sécurité – la présence de François Hollande le matin-même ne doit certainement pas y être étrangère, et de hauts représentants de la République, honorés et émus, qu’a eu lieu ce vendredi 21 septembre 2012, l’inauguration officielle du Mémorial de la Shoah de Drancy, en Seine-Saint-Denis.

Outre un grand nombre de médias – France 2, BFM, iTélé entre autres, de nombreux responsables et représentants d’associations étaient présents, accordant ça-et-là d’émouvantes interviews sur leur expérience, leur sentiment de se retrouver, parfois pour la première fois depuis soixante-dix ans, dans cet endroit où ils ont vécu l’enfer, dans ce « lieu de mémoire maudit et sacré » comme le nommera un peu plus tard Serge Klarsfeld.

A deux pas du wagon-témoin et de la cité de la Muette, le tout nouveau Mémorial de la Shoah de Drancy s’articule sur cinq niveaux – dont trois entièrement vitrés, donnant une vision panoramique sur ce qui fut autrefois un des principaux camps d’internement et de transit. Edifié sur un terrain gracieusement cédé par la mairie de Drancy, le bâtiment, conçu par l’architecte suisse Roger Diener, à qui l’on doit de très nombreux édifices en Allemagne, Italie, Belgique, Pays-Bas et Suisse, se veut digne et sobre, uniquement composé de béton gris et de verre. Outre l’exposition permanente retraçant l’histoire et le fonctionnement du camp à-travers quantité de photographies, de films et de documents, l’établissement compte également une salle de conférence, un centre de documentation ainsi que des salles pédagogiques.

Construite par les architectes Marcel Lods et Eugène Beaudouin pour le compte de l’Office des HBM de la Seine, la Cité de la Muette fut transformée dès 1939 en camp d’internement, avant même d’avoir été habitée. Il faut dire que l’architecture en « U » du bâtiment se prêtait parfaitement à une telle reconversion. On dressa des miradors à ses quatre coins, on cintra l’ensemble de grille et de barbelés, et lorsque l’armée allemande le réquisitionna dès juin 1940 afin d’y enfermer prisonniers de guerre anglais et français, ou autres civils yougoslaves et grecs, l’essentiel était déjà fait. Dès lors, au même titre que les camps de Royallieu, de Compiègne, de Pithiviers ou de Beaune-la-Rolande, Drancy va devenir un des principaux camps d’internement dans la France occupée.

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Du 20 au 24 août 1941, la police française, en collaboration avec la gendarmerie allemande, organise une grande rafle dans la capitale, au cours de laquelle sont arrêtés plus de 4.000 Juifs. Ceux-ci sont internés à Drancy où, rien n’étant prévu pour accueillir tant de personnes, s’installent très vite famine et épidémie de dysenterie. A la fin de l’année 1941, suite à un attentat contre un officier allemand, soixante-dix personnes sont exécutées au Mont Valérien. Parmi elles, cinquante-trois seront des Juifs du camp de Drancy. Au total, le nombre de détenus fusillés du camp s’élèvera à deux-cent cinquante-six.

A partir de 1942, année de la décision de la Solution Finale et de la Rafle du Vél’ d’Hiv’, Drancy passe du statut de camp d’internement à celui de camp de transit. Désormais, on passe de l’antichambre d’Auschwitz qu’est Drancy, à la chambre à gaz de Birkenau. A partir de juillet 1943, les allemands démettent l’administration française et les gendarmes de leurs fonctions, et exercent un contrôle total sur le camp.

De 1942 à 1944, avec une cadence pouvant aller jusqu’à trois départs par semaine, cinquante-huit convois de déportés Juifs quitteront Drancy pour Auschwitz, deux pour Sobibor, et un pour Kaunas et Tallinn.

Près de 100.000 Juifs – hommes, femmes, enfants, vieillards, furent enfermés à Drancy. Sur les 76.000 Juifs déportés de France, on estime à 67.000 le nombre qui l’auraient été depuis ce camp, dont seulement 1.518 reviendront. Le camp de Drancy est libéré le 17 août 1944, et ses premiers prisonniers en sortiront dès le lendemain.

Dans une France confrontée à la crise du logement d’après-guerre, la Cité de la Muette reprendra en 1948 sa fonction initiale d’immeubles d’habitation. En 1976, face au wagon-témoin aménagé en musée, un Mémorial signé du sculpteur Shlomo Selinger est édifié, et en mai 2001, suite à l’alerte donnée par le photographe américain William Betsch mettant en garde les pouvoirs publics sur la dénaturation que pourraient entrainer les rénovations en cours de l’office HLM, celles-ci sont interrompues et le complexe architectural de la Cité de la Muette entre dans la liste des monuments et sites protégés.

A l’occasion de son ouverture au public le 23 septembre 2012, le Mémorial de la Shoah de Drancy proposera un programme exceptionnel gratuit. De plus, tous les dimanches jusqu’au 28 octobre 2012, une navette gratuite fera l’aller-retour entre les Mémoriaux de Paris et de Drancy afin de proposer au public visites-guidées et projections.

Pour plus d’informations, visitez le site du Mémorial de la Shoah de Drancy.

Par Alon Hermet – JSSNews
Merci au Mémorial de la Shoah pour sa précieuse contribution à la rédaction de cet article.
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Une Réponse à Inauguration émouvante du Mémorial de Drancy

  1. gwynplaine Répondre

    23 septembre 2012 a 02:48

    On lira avec intérêt: » Drancy un camp de concentration très ordinaire » de Maurice Rajsfus.
    Les enfants qui voyaient partir leurs parents avaient inventé un terme « qui chante comme un nom d’oiseau » (de l’auteur) pour consoler les touts petits: ils sont partis au pays de pitchipoï.

    L’auteur , ayant vécu la guerre, fait partie de ceux qui savent débusquer les résistants de la 25°heure.

    C’est lui qui m’a appris qu’à partir de 1943, quand il devînt évident que l’Allemagne allait perdre la guerre, d’aucuns se mirent sérieusement à assurer leurs arrières.
    untel a été un grand résistant. Oui, à partir de quand rétorquait Maurice Rasjfus un jour sur europe 1?

    Parce-que collabo,et résistant , disons opportuniste avec une étiquette tardive et régénérante de résistant , ce fut très , très courant.
    Des icônes intouchables comme Camus n’ont vu aucun problème en 1942, pour faire éditer « le mythe de Sisyphe » chez gallimard (alors chapeauté par la propaganda staffel) à retirer le passage sur « le juif Kafka », qui sera rajouté aux éditions d’ après-guerre. Et à se refaire une virginité en écrivant pour la revue clandestine Combat en 1943, (où dès 1943 comme le disent joliment les biographies dans son cas et dans bien d’autres)

    Mais ils sont si nombreux dans ce cas là. …Tel l’archevêque de Toulouse Jules Saliège, lui aussi, un escroc parvenu de l’immaculée innocence…

    Mais bah… les collabos et les opportunistes sont de retour, n’est il pas?
    Hier les juifs, aujourd’hui les muzzs, le multiculturalisme et les israéliens.
    Pour que l’Histoire soit un éternel recommencement il faut bien qu’elle emprunte des nouveaux sentiers, qui tous, absolument tous , mènent à Rome et à sa mosquée al-aqsa..

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