Chi mikhad beshe?

Publié le : 9 octobre 2012

« Chi mikhad beshe? » – Que va t-il se passer ? Voilà la question que mes concitoyens iraniens se posent le plus fréquemment. On se pose cette question dans les taxis, dans les épiceries, dans les salons de coifure, dans les file d’attente pour acheter du pain, entre deux bagarres devant un distributeur de billets (y en aura t-il pour tout le monde ?). Seul problème: personne ne connaît la réponse.

Sur le plan économique, les derniers mois ont été particulièrement difficile pour nous, iraniens; car les effets des sanctions internationales sont devenues vraiment apparente dans la vie quotidienne.

À première vue, certaines régions iraniennes se croient encore prospère malgré une inflation à couper le souffle. Dans les magasins et sur les marchés, il n’y a pas de pénurie de produits de base : le riz et la viande sont encore là, et en quantité.

Combien de temps cela va durer, cependant, c’est une tout autre affaire. L’effondrement du rial face au dollar américain est inquiétant pour pratiquement tous les secteurs de la société. Même les Iraniens qui ne sont jamais sorti du pays suivent la chute livre du rial face au dollar comme s’ils étaient devenus trader à Londres. Riches et pauvres sont unis dans la croyance qu’ils ont perdu les deux tiers de la valeur de leurs actifs, de leur épargne, des biens ou du pouvoir d’achat. Deux tiers en 10 mois.

Les entreprises se plaignent d’être coincé entre la hausse des coûts des biens et moins de clients. Beaucoup de familles de classe moyenne ne peuvent plus se permettre le luxe, tels que les vêtements et les chaussures importées. Les instituts de beauté, même dans Aghdasieh, l’un des quartiers les plus aisés de Téhéran, disent que certains de leurs clients réguliers ne peuvent plus se permettre de se faire dorloter.

Les familles ordinaires sont également à la peine. Pendant les vacances d’été, les habitants de Téhéran qui fuient habituellement la ville pour les stations balnéaires, sont principalement restées à la maison pour économiser quelques sous. Pendant ce temps, les chauffeurs de taxi de la ville sont encore plus lésés que d’habitude : la baisse du nombre des évènements avec la hausse du nombre des protestations ont conduit à une baisse des activités.

Que la majorité des Iraniens soit davantage préoccupé par les produits de bases que par le « luxe » est démontrée chez le boucher, où moins de gens achètent de la viande rouge. Il y a des craintes croissantes que les effets de la malnutrition deviennent bientôt évidentes.

Pourtant, ce cauchemar n’est qu’une partie des choses et, dans un avenir pas trop lointain, les iraniens pourraient bien se souvenir d’aujourd’hui comme « de la bonne époque. »

Pour la première fois depuis les années 1980 – lorsque l’Irak a envahi le pays – il y a une possibilité de plus en plus importante que l’Iran entre en guerre contre Israël, les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne, l’Arabie Saoudite et les petites monarchies du Golfe.

Pour l’instant, cependant, les Iraniens ne craignent pas encore vraiment de perdre la vie. Dans cette partie instable du monde, c’est une bénédiction qu’il n’y ait pas d’explosions dans les rues et l’Iran n’est pas transformé en champ de bataille pour les groupes d’opposition, comme c’est le cas en Irak par exemple et ailleurs dans la région.

L’Iran a bu « le calice empoisonné » en 1988 et a accepté un cessez le feu avec l’Irak en raison de la pression publique voulant éviter encore plus une détérioration de l’économie.

Les États-Unis et ses alliés espèrent que les sanctions paralysantes aideront l’histoire se répéter. Mais les décideurs de l’Iran ne sont pas susceptibles de renoncer à leurs ambitions nucléaires.

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Iraniens débattent sans cesse des différents scénarios. Pour la plupart, l’Iran ne se transformera pas en autre Irak ou Afghanistan, pour la simple raison qu’Obama n’a pas les épaules pour mener une nouvelle guerre de renversement de régime.  L’Afrique du Nord ne semble pas être un modèle non plus. L’Egyptien Hosni Moubarak et le tunisien Zine el-Abidine Ben Ali se comportaient plutôt comme Mohammad Reza Pahlavi, le Shah déchu de l’Iran. Un scénario libyen est hors de question, aussi, parce que l’intervention militaire étrangère est hautement improbable.

« Regardez la Syrie! » Beaucoup de gens préviennent. Les iraniens pensent que lorsque leurs dirigeants seront mis au défi, ils vont se comporter comme le régime de Bachar al-Assad: ils vont essayer de s’accrocher au pouvoir quels que soient les coûts.

Mais à ce stade, il n’y a quasiment aucune chance pour que le changement vienne de l’intérieur du pays. Les dirigeants iraniens ont appris de l’histoire que leurs populations sont, en fin de compte, des pacifistes, en dépit de la révolution islamique de 1979.

Les manifestations de rue tels que ce que nous avons vu pour la «révolution verte», quand des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans les rues en 2009 pour forcer aux réformes politiques, sont maintenant considérés comme trop coûteuse et inutiles.

Les options encore disponibles pour les Iraniens d’exprimer leurs objections, paraît-il, sont en baisse constante…

Par Bahman A. – JSSNews
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Une Réponse à Chi mikhad beshe?

  1. Patoucha Répondre

    9 octobre 2012 a 20:22

    C’est là que l’ancien Grand Mufti de Jérusalem entre dans la danse avec ses déclarations mensongères et scandaleuses** pour semer le chaos et détourner leur attention de la misère dans laquelle ils sont/seront plongés.

    ** v/article: « L’ancien Grand Mufti de Jérusalem dévoile « le nouveau plan israélien pour détruire Al Aqsa ! »

    Trop forts ces Israéliens, ils seraient même capables de provoquer un tremblement de terre, un ouragan et que sais-je encore…. à entendre ces analphabètes fanatiques fous d’Allah!

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