Quand Israël et l’Iran jouent à « chat »

Armes du Francop

Armes du Francop

Ce qui importe, dans l’affaire du navire intercepté le 4 novembre par Israël et qui transportait des centaines de tonnes d’armes – de provenance iranienne et destinées au Hezbollah –, ne réside ni dans la quantité ni dans la qualité des équipements saisis. L’essentiel, en ce qui concerne l’Etat hébreu, c’est que la marine israélienne, qui a longtemps considéré la Méditerranée comme “notre mer”, redouble d’efforts pour bloquer les cargaisons qui arrivent d’Iran.

L’opération du 4 novembre, au cours de laquelle des unités israéliennes ont intercepté le Francop, naviguant sous pavillon antiguais et barbudien, et récupéré le plus grand chargement d’armes jamais saisi par Israël, est la dernière d’une longue succession d’interventions de ce genre. Le mérite en a été attribué, pour certaines, à l’Etat, pour d’autres à l’aviation ou à la marine. En fait, Israël mène une guerre secrète contre Téhéran, avec en arrière-plan les tentatives incessantes de l’Iran qui veut armer les organisations qu’il soutient, en particulier le Hezbollah et le Hamas.

Cette guerre a commencé loin des plages israéliennes, dans l’océan Indien et la mer Rouge. En janvier, en pleine guerre de Gaza, un raid contre une flottille de navires transportant des armes à destination de Gaza et partis d’Iran a été attribué à l’aviation israélienne, ainsi que la destruction de plusieurs bateaux du même genre. Les attaques audacieuses lancées par Israël contre le trafic d’armes iranien s’accompagnent d’une offensive internationale dans les domaines de la diplomatie et du renseignement. Les résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies interdisant à l’Iran d’exporter en Syrie des armes qui pourraient être transférées au Hezbollah confèrent aux actions d’Israël une légitimité diplomatique et les justifient sur le plan légal. Israël agit en coopération totale avec les forces internationales de l’OTAN qui patrouillent dans l’océan Indien, en mer Rouge et en Méditerranée afin de lutter contre le trafic d’armes.

Ce soutien diplomatique international se traduit par la capacité israélienne à repérer les livraisons d’armes iraniennes, en collaboration avec les services de renseignements américains, français et d’autres pays agissant dans le même but. Le commandant en chef de la marine israélienne a déclaré que le navire avait été repéré lors d’opérations de surveillance de routine. C’est peut-être la façon qu’a la marine d’expliquer qu’elle disposait d’informations préalables sur la nature de la cargaison, informations qui lui ont permis d’exercer une surveillance resserrée et de procéder à l’interception. Si tel est le cas, cela démontre l’existence d’un excellent réseau de renseignement, qui remonte peut-être jusqu’au point de départ, c’est-à-dire le port de Bandar Abbas en Iran, et s’étend jusqu’au port égyptien qui devait servir de zone de transfert pour la livraison.

Toutefois, Israël ne devrait pas afficher une trop grande satisfaction après ce succès car il s’agit simplement d’une opération supplémentaire dans cet interminable jeu du chat et de la souris. Les Iraniens vont continuer à faire passer des armes en contrebande à leurs alliés, et Israël cherchera à dévoiler ce trafic au grand jour et à l’éradiquer.

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