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Quelles valeurs pour l’armée israélienne face au terrorisme djihadiste ? par Pierre Lurçat et Philippe Karsenty

By   /  14 janvier 2017  /  14 Comments

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Karsenty Lurçat

L’affaire Elor Azaria, ce jeune soldat qui vient d’être condamné par le tribunal militaire de Tel-Aviv pour homicide après avoir liquidé un terroriste palestinien, divise et déchire la société israélienne.

Contrairement aux apparences, il ne s’agit pas d’une affaire purement intérieure à Israël, car ses implications concernent l’ensemble des pays confrontés à la menace terroriste.

 

Le verdict de culpabilité prononcé à l’encontre du soldat Elor Azaria a des répercussions qui vont bien au-delà du simple cas d’espèce jugé par le tribunal. Cette affaire, qui défraie la chronique depuis des mois en Israël, n’oppose pas seulement deux conceptions de l’éthique militaire. Elle divise aussi le pays, en ravivant de vieilles blessures mal cicatrisées au sein de la société.

Issu d’une famille modeste de Ramlah, d’origine séfarade et en partie française, Azaria n’a pas bénéficié du soutien unanime des médias israéliens, à la différence d’un autre jeune soldat israélien ayant lui aussi des origines françaises, Guilad Shalit.

 

Dans des circonstances fort différentes, les deux soldats au visage d’enfant se sont tous les deux trouvés au coeur d’une affaire dont l’enjeu les dépassait très largement. Shalit, qui vient d’une famille aisée d’origine ashkénaze, a d’emblée été perçu comme une victime par l’ensemble de la société israélienne et adopté par les médias israéliens comme “l’enfant de tout le monde”, statut qui a été refusé à Elor Azaria. Il a été libéré après cinq longues années de captivité, grâce à une intense campagne médiatique et en échange de centaines de terroristes palestiniens, dans le cadre d’une transaction soutenue par plusieurs pays, dont la France qui est intervenue en faveur de sa libération.

 

Comme le rappelle le professeur Udi Lebel, du Centre Begin-Sadate, le traitement différent dont ont bénéficié les soldats Shalit et Azaria de la part des médias israéliens, mais aussi de leur hiérarchie militaire, atteste d’un changement de valeurs au sein de l’armée israélienne. Il fut un temps où le fait d’avoir la “gâchette facile” n’était pas considéré comme un crime au sein de Tsahal, mais plutôt comme un défaut excusable, voire comme une qualité de ses soldats. Meir Har-Tsion, combattant de la légendaire unité 101, fut qualifié en son temps de “meilleur soldat de Tsahal” par Moshé Dayan. Cette unité avait pour objet et pour principale fonction de mener des représailles contre les incursions des fedayin palestiniens, le long de la ligne de démarcation israélo-jordanienne.

L’opération la plus fameuse, et aussi la plus sanglante de l’unité 101, se déroula en octobre 1953 et fut surnommée “Opération Shoshana” (du nom de la soeur de Meir Har-Tsion, assassinée par des bédouins lors d’une excursion dans le désert de Judée).

D’après l’historien Benny Morris, elle visait à la fois à punir les auteurs d’incursions meurtrières en Israël, et à les dissuader. Cette opération qui fit 70 victimes, dont de nombreux civils, dans le village arabe de Qibya, donna lieu à de sévères condamnations contre Israël au Conseil de Sécurité, dont la résolution 101 dénonça les représailles israéliennes. Le Premier ministre de l’époque, David Ben Gourion, déplora officiellement les pertes civiles ennemies, tout en déclarant en privé à Ariel Sharon, commandant de l’unité 101 :

« Peu importe ce que le monde dira de l’opération de Qibya. Ce qui est important, c’est de savoir comment elle sera perçue dans le monde arabe. Et je considère que c’est grâce à de telles opérations que nous pourrons continuer à vivre ici. »

On mesure, en lisant ces propos, combien ont évolué les mentalités et les valeurs qui animent les commandants de l’armée israélienne aujourd’hui. Dans l’affaire Azaria, le souci principal des juges du tribunal militaire, mais aussi de l’ancien ministre de la Défense Moshé Yaalon et du chef d’état major, qui se sont tous deux exprimés pour condamner le soldat de Hébron, est celui de l’image de Tsahal aux yeux du monde occidental. Bien peu se sont préoccupés de savoir comment cette affaire, et la manière dont a été traité le soldat Azaria, allaient être perçues par les ennemis et les voisins d’Israël. Le professeur Israël Aumann, Prix Nobel d’économie, a pourtant averti, dès le lendemain de la décision du tribunal, que celle-ci “mettrait la sécurité d’Israël en danger, en dissuadant les soldats de tirer sur les terroristes et en incitant les Palestiniens à commettre de nouvelles attaques”.

 

L’attentat au camion-bélier de Jérusalem, survenu quelques jours seulement après la condamnation d’Elor Azaria, a tragiquement confirmé la justesse du pronostic fait par le professeur Aumann.

Le témoignage du jeune guide qui a réussi à neutraliser le terroriste, après qu’il ait tué quatre soldats dont trois jeunes femmes, est éloquent.

“J’ai vu que les soldats hésitaient à tirer… Je pense que le verdict [rendu contre] Azaria y est pour quelque chose”.

De son côté, la juge du tribunal militaire Maya Heller, dans son jugement qui s’étend sur presque cent pages, fait plusieurs fois référence à la notion de “pureté des armes” et aux normes morales que doivent respecter les soldats israéliens, sans jamais évoquer l’effet que sa décision pourrait avoir sur les terroristes potentiels.

 

La France n’est pas totalement étrangère à l’affaire Azaria. Les images de la liquidation du terroriste palestinien, qui ont conduit à l’inculpation du jeune soldat ont en effet été tournées par un militant de l’ONG B’tselem, dont le budget provient largement de financements étrangers, et notamment de l’Union européenne, mais aussi du Consulat général de France à Jérusalem. En encourageant les ONG comme B’tselem, qui défendent une vision sélective et partisane des droits de l’homme, la France et l’Union européenne s’immiscent dans le débat politique intérieur à Israël. Un projet de loi récent prévoit d’ailleurs d’interdire le financement étranger des ONG en Israël, pour empêcher cette intervention dans la politique intérieure du pays.

 

L’intervention grandissante des ONG à financement étranger pose un problème délicat pour Israël dans sa guerre contre le terrorisme djihadiste. Dans l’affaire Elor Azaria, la condamnation a largement été prononcée d’avance par l’échelon politique et militaire, avant même que le procès se déroule, sur le fondement des images filmées par B’tselem. La guerre médiatique est certes un enjeu crucial, mais elle ne doit pas faire perdre de vue l’enjeu principal, qui est de gagner la guerre sur le terrain. Pour préserver la motivation de ses soldats, Israël doit empêcher une situation dans laquelle ceux-ci redouteraient plus une inculpation par le procureur militaire que les balles de l’ennemi.

© Pierre Lurçat et Philippe Karsenty

Pierre Lurçat est avocat et écrivain. Il vient de publier La trahison des clercs d’Israël (La Maison d’Edition).

Philippe Karsenty est maire-adjoint de Neuilly, homme d’affaires et éditeur.

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14 Comments

  1. Yéhoudi dit :

    comment on dit une ONG en pays arabo-musulman ??

    quoi ??? comment “y en a pas” !!

    elles sont interdites ?? ah, bon !!

    ils remontent vachement dans mon estime ces Zarabes qui savent trés bien se prémunir des kanailles d’ occident qui viendraient leur chiller dessus, chez eux

    tiens!! a ce propos

    il y a une half-hour, a la télé je vois une pub de “meetic” le site de rencontres

    deux jolies gouines qui se précipitent dans les bras l’ une de l’ autre et se roulent une pelle passionnée

    bien sur on s’ en tape des mômes qui têtent la télé…

    et puis deux gonzesses qui a présent peuvent se marier….

    vivement l’ Islam a la tête de la France…. qu on arrête de subir ces déviations tous les jours assénées comme normalité devant etre acceptable

    saloparts !! vous avez tout sali….

    je ne sais plus ce que dit et comment la chari3a punit ces déviances, je crois me souvenir de nos cours ou la peine de mort est applicable

    on savait étant jeune que ces femme dites “Hakaka” (frotteuses) existaient bien sur, mais avec un mépris amusé…
    j’ ai moi même connu une “hakaka” mariée avec 4 enfants….

    mais jamais, au grand jamais ces comportements n’ étaient jetés a la gueul du public comme cet aprémidi a la télé

    لا حول ولا قوة إلا بالله العلي العظيم

  2. Marie Esther dit :

    et moi je pense que l’affaire Azaria est allée trop loin.
    Tout mon soutien à ce jeune soldat (même s’il a commis une erreur d’appréciation ou de jugement ou pas) mais il représente tous ces jeunes qui passent trois ans de leur vie à défendre le pays et sa population.
    Je connais un jeune de mes connaissances (de Judée Samarie) qui passe ses nuits à aller chercher les terroristes.Alors je comprends quand je vois les images sur I24 (ben oui je regarde ,c’est le seul en France qui parle d’Israël même si je n’aime pas beaucoup en particulier les reportages)
    Merci à Tsahal et à ses soldats.Après Jérusalem j’ai vu des commentaires en France affirmant que les soldats avaient détalé comme des lapins et s’étaient cachés avant de réagir en rappelant l’affaire Azaria…et cela m’a franchement énervé.
    Il ne faudrait pas que nos soldats réfléchissent une seconde de trop et laissent les terroristes faire leur sale besogne

  3. Ruthy dit :

    Ok! Donc à l’avenir si, Hass véshalom, un de nos soldat se fait prendre en captivité, et surtout si il est ashkénaze, on ne lèvera pas le petit doigt pour le tirer d’affaire. Next

  4. Jmn26 dit :

    Azaria a fait une erreur en tuant un terroriste palestinien lol, mais les terroristes eux ne font pas d’erreurs en tuant des israéliens, c’est bien çà le problème, demander à Hollande comment il élimine les terroristes en Irak, elle est bonne cette blague !

  5. caterin dit :

    Quand la “propre” Francarabia met son nez dans nos culs. A Mali elle donne des fleurs et bonbon? Mais non, la France n`a pas des colonies, seulment des chers amis !!

  6. Shavouahtov…
    En fait, et bien sur c’est malheureux, voilà que nos soldats, dorénavant, ne devront plus neutraliser, comme la hala’hah-ou la regle d’engagement le demande, un poursuivant, en procedant du moins létale possible à la mise à mort en dernière extrémité.
    Mais tirer pour tuer.
    Ainsi, voilà que ce jugement et son verdict à venir auront exactement le contraire de l’effet recherché.
    Car c’est ainsi, soyons en sûr, surtout après ce drame à l’hésitation, que les instructeurs de l’armée de la Défense d’Ysraël vont instruire nos soldats.

  7. Domino dit :

    Ce soldat n’a commis aucunes erreur Esther! Il a fait ce qui fallait faire même s’il était maîtrisé! car il aurait était soigné aux frais des contribuables Israéliens, nourri logé avec tout le confort que réservent les prisons Israéliennes. Il aurait été même libéré afin que ce cher MAHMOUD veuille bien s’asseoir à la table de négociations.
    SHAVOUA TOV

  8. Yéhoudi dit :

    “Comme le rappelle le professeur Udi Lebel, du Centre Begin-Sadate,

    xxx

    tiens! Lebel est un patronyme juif ??

    surprenant…..le fusil de WW1 serait du a un Juif ??

    ça se trouve Chassepot aussi ?

  9. hana dit :

    mon fils,soldat, pendant les gardes qu il effectuait a hebron avait une camera d un abruti vendu aux terroristes braquee sur lui et ses camarades en permanence.cet abruti attendait le faux pas.israel n a pas a supporte cela.dehors les enemis d israel qui cherchent a pieger nos enfants et a les donner en pature a nos enemis et a la presse gauchiste.

  10. Yéhoudi dit :

    j’ attends le jour ou ces garçons seront décorés quand d’ une balle bien ajustée ils pourront crever l’ oeuil rivé a la caméra

    au troisième ce sera fini

    ces rakailles ne respectent que l’ exemple

    sinon, tout bla bla bla

    un gros trou saignant avec l’ albumine du fond d’ oeuil et le globe occulaire qui pend sur la joue retenu par le nerf optique (‘tin! t’est kon! ça doit faire vachement mal !!)

    quelques photos a multiplier et a diffuser par l’ Armée

    et je vous donne la certitude que ce sera fini et bien terminé ces lâches qui ne risquent rien

    ils savent que leurs saloperies c’est a l’ oeuil

    alors!! justement faisons les payer par ou ils ont péché 😆

  11. Ruthy dit :

    Pour vous Mr Karsenty

    « Que tous ceux qui aiment Israël, parlent en bien de son armée! » Olivier Rafowicz

    Colonel de réserve encore en activité et ancien porte-parole de l’armée, Olivier Rafowicz nous livre son point de vue sur l’esprit de Tsahal à la lumière des récents évènements.

    Le P’tit Hebdo: Comment avez-vous vécu le procès Azaria?

    Olivier Rafowicz: Depuis toujours, quand un soldat commet une erreur, il doit être discipliné. Mais cela doit se faire dans le cadre de l’armée et non devant les caméras. Dans ce cas, le traitement qui a été fait de l’évènement, est lié au fait que la scène a été filmée: on a donc médiatisé une situation purement opérationnelle. C’est ensuite devenu une affaire politique parce que les hommes politiques y sont allés chacun de leur couplet.

    C’est bien là que le bât blesse. Pendant très longtemps, il y avait un accord tacite, suivant lequel, on laissait Tsahal en dehors des considérations politiques. La séparation entre considérations militaires et considérations politiques était claire. Les sujets concernant l’armée ne s’invitaient pas dans le débat public. Pour moi, c’est un des éléments de l’esprit de Tsahal.

    Or, pour des raisons que j’ignore, on s’est emparé de fautes militaires à des degrés divers pour en faire de grosses affaires politiques. C’est scandaleux et très grave. Notre soldat était condamné avant même d’avoir été jugé!

    Nous n’avons pas fini de payer les conséquences des clivages que cette affaire a créées au sein de notre société.

    Lph: Ressent-on aussi les conséquences de ce procès dans les rangs de Tsahal?

    O.R.: La force de Tsahal, c’est la qualité de nos jeunes. Heureusement, nos soldats sont plus intelligents que tous nos politiques. Ce sont tous nos enfants, contrairement à ce que le Chef d’Etat-Major a pu dire, maladroitement, à la veille du verdict d’Elor Azaria. C’est grâce à nos enfants que le pays tient et tiendra. Ils sont motivés, amoureux de leur terre et de leur famille qu’ils défendent. Prenons garde à ne pas altérer cette pureté.

    Lph: Vous les décrivez motivés, c’est aussi l’image que nous en avons. Comment comprendre alors que des soldats s’enfuient lors d’un attentat?

    O.R.: J’invite tout le monde à faire preuve de retenue. Ce que l’on voit d’ici, on ne le voit pas de là-bas, comme le dit le proverbe hébreu. Sur ces images, on n’entend pas les ordres qui sont donnés aux soldats. Peut-être que seuls certains soldats étaient habilités à agir et que les autres ont reçu l’ordre de partir. Donc prudence, juger rapidement n’est jamais une bonne chose.

    Cette prudence est une des grandes leçons de l’affaire Azaria. Ceci dit, je ne suis pas de ceux qui pensent que celle-ci aient eu une quelconque influence sur l’attitude de nos soldats. Cessons de chercher à lire entre des lignes qui n’existent même pas.

    Lph: Nous entendons bien vos appels à la prudence, mais ces images ne sont-elles pas catastrophiques pour la force de dissuasion de notre armée?

    O.R.: Je recommande vivement à nos ennemis de ne pas penser que ces images reflètent ce qu’est Tsahal, sinon il risque d’avoir de très grandes surprises!

    Lph: Dans quelle direction évoluent, selon vous, l’esprit de Tsahal et le soutien de la population pour son armée?

    O.R.: Je suis un officier supérieur encore en milouïm. Je rencontre régulièrement, des anciens et des nouveaux soldats. Je suis à chaque fois ému par la force et la moralité de Tsahal. L’armée fait partie intégrante du peuple d’Israël. L’expression »Maguen David » n’est pas un hasard.

    Cela me fait mal d’entendre ou de lire des jugements négatifs sur notre armée, par des personnes qui croient savoir mais qui bien souvent ne connaissent rien. Ils insultent ce que nous avons de plus cher.

    Je me permets donc de lancer un appel : que tous ceux qui aiment Israël, réfléchissent et parlent en bien de Tsahal. Nos plus grands hommes, depuis Avraham Avinou, étaient de grands chefs militaires. Nous nous devons de toujours respecter notre armée et ce d’autant plus qu’elle remplit parfaitement sa mission.

    Propos recueillis par Guitel Ben-Ishay

    Photo: FaceBook
    •Guitel Benishay
    •Jan 17, 2017
    •lphinfo.com

    Read more at http://jforum.fr/col-rafowicz-ceux-qui-aiment-israel-parlent-en-bien-de-tsahal.html#Eqvq27iHZTipzSjm.99

  12. Cette erreur 500, un virus ?

    Xxxxxxxxxxx
    Que dire encore de la plus magnifique et Grandiose armée morale du monde ?
    Celle à qui Dieu demande que chacun de Ses soldats ait dans son barda une petite bêche pour enterrer ses ex’crements, hors du campement…
    C’est dire le niveau…
    Tandis que notre france en terre ne perd pas la main.
    Le service “public”…

    https://www.franceinter.fr/emissions/les-histoires-du-monde/les-histoires-du-monde-18-janvier-2017

  13. Yéhoudi dit :

    un site marocain distrayant

    on y apprend qu un bébé est a vendre a 2500 dirham, et qu un handicapé de 24 ans a éré sodomisé par 4 Djeunes,

    qu il a gelé a Ifrane

    que le Roi a eu une gastro

    etc etc ….

    http://www.bladi.net/maroc-grand-froid,47078.html

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