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Film: “un sac de billes” à ne pas rater !

By   /  18 janvier 2017  /  6 Comments

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Dans la France occupée, Maurice et Joseph, deux jeunes frères juifs livrés à eux-mêmes font preuve d’une incroyable dose de malice, de courage et d’ingéniosité pour échapper à l’invasion ennemie et tenter de réunir leur famille à nouveau.

Best-seller paru en 1973, Un sac de billes est un roman autobiographique signé Joseph Joffo qui a été déjà adapté au cinéma en 1975 par Jacques Doillon. Aujourd’hui c’est au tour de Christian Duguay (Jappeloup, Belle et Sébastien, l’aventure continue) de s’emparer de cette fresque familiale. On y retrouve la famille Joffo dans le Paris des années 40. Le père tient un salon de coiffure, aidé par ses deux fils aînés, tandis que les deux cadets (Jo et Maurice) vivent leur vie de jeunes écoliers. De confession juive, la famille ressent de plus en plus le danger engendré par les nazis.

Tournage Un sac de Billes

Tournage Un sac de Billes

Le port obligatoire de l’étoile jaune, l’antisémitisme affiché par les français occupés poussent les parents à déménager au plus vite, et de séparer le cercle familial afin de se retrouver plus tard dans la zone libre à Nice. Les deux enfants, livrés à eux-mêmes, rejoignent le Sud de la France en faisant de nombreux détours. Suivant à la lettre les conseils de leur père, nous suivons leur périple à travers le regard naïf de Jo, protégé par son grand frère Maurice. Arrivé à destination, le répit est de courte durée. Les italiens, occupant la région, se sont bien adaptés au climat méditerranéen et sont loin d’exercer une politique et une autorité comparables aux allemands, mais malheureusement ces soldats doivent se retirer laissant la place aux nazis. Les Joffo doivent se désunir à nouveau. Cette fois, les deux enfants sont envoyés dans un camp de jeunesse (alors pro-pétainiste), cachant à nouveau leur judaïsme. Là, ils vivront de nombreuses aventures, échappant de justesse à la Gestapo, puis se réfugiant en Savoie jusqu’à l’heure de la libération, qui annonce leur retour à un Paris libéré.

Duguay a absolument compris la teneur de cette épopée émouvante, et ne tombe en aucun cas dans le mélo ou la surenchère dramatique qu’aurait pu suggérer cette histoire. Sa mise en scène rythme à la perfection l’engrenage scénaristique, qu’on en oublie ses mouvements de caméra et ses valeurs de plans (très travaillés) qui laisse place à un ensemble cohérent, s’enchaînant à merveille. Secondé par une minutieuse reconstitution pour ses décors (la gare d’Austerlitz, le Paris d’alors, la promenade des Anglais, l’hôtel  Excelsior occupé par la Gestapo, etc…), et une lumière bien pensée pour chaque étape du film par Christophe Graillot (le changement d’un Paris grisâtre à une province inquiétante de nuit, et d’un Nice très coloré) sont également ici des atouts majeurs.

L’enjeu du film repose sur les frêles épaules de Dorian le Clech et Batyste Fleurial Palmieri, qui surprennent le spectateur par leur énergie, et une justesse incroyable dans leur jeu, donnant réellement vie aux personnages de Jo et Maurice. Ils sont entourés par des seconds rôles tenus par des acteurs confirmés, qui interprètent avec brio leurs partitions. Loin d’être un défilé de guest-stars, ces personnages sont écrits sur mesure et avec beaucoup de profondeur pour Christian Clavier (formidable médecin juif protégeant Joe et travaillant pour les nazis avant qu’il ne soit envoyé dans un camp), Kev Adams (résistant, ici convaincant et loin de ses pitreries habituelles), et Bernard Campan (superbement odieux en libraire pétainiste, fier de son fils dans la milice). On aimera aussi la prestation d’Elsa Zylberstein, qui incarne la mère de la famille Joffo, et Patrick Bruel, figure paternelle dont le comédien s’empare avec facilité.

L’osmose entre tous ces acteurs est palpable pour le plus grand bonheur du spectateur. Avec Un sac de billes, Duguay mélange l’histoire au drame mais aussi à l’aventure et au suspense, signant un film dans la tradition d’un très bon cinéma populaire qui mérite à plus d’un titre d’être vu.

Par JSSNews

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  • Published: 1 année ago on 18 janvier 2017
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  • Last Modified: janvier 18, 2017 @ 3:18
  • Filed Under: Divers

6 Comments

  1. Ne pas oublier, bien sur, les très nombreux juifs, qui ont joué _et jouent encore_le rôle des billes, aussi vrais que nature .
    On veut toujours autant nous rouler.
    Hum…

  2. Yéhoudi dit :

    touchant et émouvant…

    on se demande aujourd’ hui, comment réagirait un de nos ados elevé dans des couveuses maternelles et familiales devant des situations semblables

    enfin! l’ ainé a tout juste 12 ans!! je crois me souvenir

    élévés dans du coton, jamais grandis dans la rue, a faire le coup de poing avec les momes d’ un autre quartier…capables de gagner leurs si rare “argent de poche” eux mêmes, tétanisés a l’ idée de se balader avec un canif, ou un couteau en poche; ne sachant pas conserver un bout de ficelle, une épingle, un clou, un hameçon au fond des poches

    comme tous les garçons de mon enfance , nés a la campagne
    sachant faire un siffler d’ une paille de chaume!! capturer scorpions et sangsues pour se faire des sous en les vendant aux vieilles qui en faisaient des mixtures pour sorcelliser et aux barbier pour procéder aux saignées!!
    capturant des chardonnerets et les mettre a l’ école de chant d’ un vieux male expérimenté pour les revendre chanteurs
    voler les amandiers et les abricots dans les vergers, se faire des arcs et des flèches en bois d’ olivier, des trotinettes avec quelques vieilles planches et deux roulements, un cerceau avec une roue de vélo, des jeux de folie avec des noyaux d’ abricots et la grosse Manique entourée de goudron …

    faire un feu pour “cuire” de pauvres moineaux capturés a la “chebka” filet primitif, égorgés avec le canif et plumés et vidés , manquait même pas le sel…fou ce qu on était prévoyants et ingénieux, roublards et voleurs, bagarreurs et prudents…

    ceux là…oui! ils savaient

    quand je vois les geignants gamins de douze ans autour de moi….de vraies billes…

  3. Ruthy dit :

    Belle et émouvante histoire. Elle a été le sujet d’une des dissertations de mes années de classes…

  4. sebastien dit :

    Moi je me souvien du sac de noyaux d’abricots dans la cour de l’ecole des carrioles fabriquees avec quelques planches et de vieux roulements du tawel (lance pierres) de tous ces jeux accessibles aux momes pas fortunes qui s’eclataient avec trois francs six sous un cornet de frites de plage et une bouteille de limonade avec en toile de fond le soleil et la mer on pourrait aussi en faire un film moins triste malgres cette periode qui a marque bien des anciens de la bas

  5. henji dit :

    Mauvais souvenir pour moi “un sac de billes” !

    Au collège, le livre, le film de 1975 et la visite en classe des “résistants” étaient les étapes pour appréhender la WW2.

    Ayant un nom très proche de JOFFO, mon prof et ces “résistants” avaient lourdement insister pour que je parle de mon grand père déporté (comment l’avait-t-il su ? mystère …)

    J’avais fini par les envoyer chi-r en leur répondant ” mon papi a survécu à Dora, c’est un homme digne, il ne chiale pas en public ”

    Bilan : 4 heures de colle

  6. Françoise dit :

    J’ai lu le livre – magnifique ! et j’ai aimé surtout la fin, avec la nature très particulière de la vengeance du garçon… qui consiste à sauver la vie de son ennemi.
    Joffo, devenu patron d’un célèbre salon de coiffure, était un type formidable, d’après certains de ses employés que j’ai connus.

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