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J’ai appris à l’OTAN à résister à un dictateur – Par D. Pipes

By   /  11 octobre 2017  /  3 Comments

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Le 2 mai 2017, nous avons reçu une lettre courtoise de la part du directeur de la Commission politique de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN (abrégé en AP-OTAN) demandant si mon organisation, le Middle East Forum (MEF), « était en mesure d’accueillir une série de rencontres et de discussions » à l’attention des membres de l’assemblée.

Pour ceux qui, comme moi, ne sont pas familiers avec l’AP-OTAN, il s’agit d’une assemblée qui « offre aux parlementaires des pays membres de l’Alliance atlantique un cadre spécialisé privilégié leur permettant de débattre de la sécurité de l’Alliance et de peser sur les décisions à ce sujet. » Sa commission politique « traite de toutes les questions politiques liées à la sécurité de l’OTAN, des pays membres et des pays partenaires. »

Après avoir rapidement marqué son accord pour accueillir la rencontre le 19 septembre dans l’Independence Mall de Philadelphie, le Middle East Forum a entrepris d’inviter des experts en vue d’informer les 26 membres du parlement issus de 12 pays, allant de la Norvège à la Turquie en passant par la Pologne et le Portugal. Étant donné la position centrale de la Turquie à la fois dans le conflit syrien et sur la question plus fondamentale de la mission de l’OTAN (l’Alliance combat-elle l’islamisme comme elle combattait naguère le communisme ?), nous avons invité des représentants de deux factions turques clés, l’une et l’autre islamistes, à savoir le gouvernement de Recep Tayyip Erdoğan et le mouvement Fethullah Gülen.

(Il y a encore quelques années, les deux factions étaient de proches alliées. Aujourd’hui, le gouvernement turc accuse Gülen d’avoir fomenté le coup d’État présumé de juillet 2016 et déclare que les membres du mouvement Gülen sont des « terroristes », jetant en prison les gülenistes qu’il trouve et vouant aux gémonies ceux qui lui échappent.)

Emre Çelik, président du Rumi Forum, un groupe d’intellectuels gülenistes, a immédiatement été d’accord de prendre la parole. Toutefois pendant tout ce temps, nous n’avons pas pu obtenir de réponse à notre invitation de la part de l’ambassade de Turquie à Washington. Finalement, moins d’une semaine avant la tenue de notre événement, le secrétariat de la commission politique nous a informés que le bureau présidentiel à Ankara – excusez du peu – avait exigé que nous retirions M. Çelik du programme et qu’en cas de refus de notre part, le gouvernement annulerait sa participation.

Ma première réaction a été : « Parfait, annulons-la. » Cependant, ayant englouti beaucoup de temps, d’argent et de réputation dans ce colloque, le Forum n’a guère apprécié l’idée de débrancher la prise. Dans le même temps, nous ne voulions pas non plus rejoindre la cohorte des partisans occidentaux de l’apaisement, comme l’AP-OTAN, qui se soumettent aux volontés du dictateur turc, Erdoğan. Dès lors, que faire ?

Nous avons alors adopté un mode opératoire inhabituel : nous avons retiré le nom de Çelik du programme et le diplomate de l’ambassade s’est alors manifesté. Mais avec l’accord de Çelik, nous avons convenu avec lui de le faire entrer dans la salle de conférence par une porte dérobée et de le faire attendre sur le côté jusqu’à ce que, après avoir parlé, lors des conclusions, du déshonneur et du tort causés par la soumission de l’OTAN aux volontés d’Erdoğan, j’ai invité M. Çelik à venir au pupitre pour prendre la parole comme intervenant.

Au moment où j’ai annoncé la présence de Çelik, la délégation turque s’est levée comme un seul homme pour protester si bruyamment que nos agents de sécurité se sont précipités pour le protéger. Surpris par mon acte qu’il a qualifié de « bombe », le co-président de la délégation de l’AP-OTAN a poussé Çelik sur le côté et a pris possession du pupitre (Pour voir la vidéo, cliquez ici).

©http://fr.danielpipes.org/17958/jai-appris-a-otan-a-resister-a-un-dictateur

En concluant son propos, le co-président a tenté de clôturer le colloque mais je suis intervenu, en insistant sur le fait qu’il s’agissait de notre événement, et en invitant à nouveau Çelik à prendre la parole. Au moment où ce dernier a finalement pris la parole, les Turcs ont quitté la salle les premiers, suivis par la délégation de l’AP-OTAN au complet, laissant seuls les autres invités qui ont donné à l’intervenant une standing ovation.

Je présente mes excuses à l’AP-OTAN pour ce tour de passe-passe mais je soutiens le choix d’une telle ruse car il était impossible pour nous de faire fi du principe fondateur de l’OTAN qui consiste à « sauvegarder la liberté » des peuples de l’Alliance. De la même manière il était impossible de demander au Forum, particulièrement dans le cadre de l’Independence Hall et à proximité de la Liberty Bell, d’obtempérer aux diktats d’un tyran étranger.

En effet, malgré leur départ précipité, j’espère que les délégués de l’Assemblée parlementaire de l’OTAN ont une admiration secrète pour notre prise de position contre la tyrannie et pourront s’inspirer de cet acte de défiance. Peut-être apprendront-ils à résister à la brutalité d’Erdoğan – chose qu’ils n’ont précisément pas faite en l’occurrence.

Par Daniel Pipes – son blog – JSSNews

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3 Comments

  1. Gérard Pierre dit :

    Bien joué monsieur Pipes !

    On ne lutte pas contre des totalitaristes, ni contre leurs complices complaisants, en jouant le coup ‘’à la régulière‘’ ! …… puisqu’en refusant la pluralité des expressions ces gens là, précisément, ne sont pas très réguliers avec ce qu’ils prétendent incarner !

    Bonne leçon.

  2. Yéhoudi dit :

    OTAN, suspend tes vols et cesse de tailler des Pipes a tous ces Mémète, ces effendis,ces beys et aghas d’ un autre temps et autres sultans rançis…………

    quel dommage que l’ occident ait voulu prendre sous son aile le vieil “homme malade de l’ europe”
    fallait le laisser crever ou guérir et aujourd’hui on aurait eu une Turquie sunnite, grassement payée par une Arabie sunnite, face a un Iran Chiite
    ça nous aurait fait des vacances… entre Musulmans qui ne pensent qu a s’ étriper… 😆

  3. Yéhoudi dit :

    Et ou apprendre a résister a un taré obsédé de bite ?

    “”Dans un entretien publié dans le Guardian, Léa Seydoux dévoile avoir été victime des avances d‘Harvey Weinstein. Cara Delevingue, vedette du dernier Luc Besson, Valérian et la cité des mille planètes, et la Française Florence Darel ont elles aussi témoigné ce jeudi.

    Les accusations contre le producteur américain déchu Harvey Weinstein continuent de déferler à Hollywood, déclenchant un grand déballage visant les pratiques d’abus sexuels au sein du septième art. Mercredi, ce fut au tour de Léa Seydoux, de Cara Delevingne et de Florence Darel de briser le silence et de dévoiler le calvaire enduré aux mains d’Harvey Weinstein.””

    Eh! chacun son DSK !! juif de préférence …

    a ce sujet nous attendons une déclaration de Nafissatou Diallo qui laisse entendre qu elle aussi aurait été “bousculée” a quatre pattes par Weinstein (un juif …y a ptêt bien du fric a ramasser, comme avec l’ autre gland….) plutot “tête de noeud” ! 😆

    a force de s’appeler Wein …. ça l’ a ennivré le taré !!

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