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Dans un tunnel terroriste de Gaza

By   /  4 février 2018  /  7 Comments

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Ils travaillent 24 heures sur 24, jour et nuit en trois-huit, sauf le vendredi, jour saint musulman. Dans chaque équipe, il y a des douzaines de creuseurs, qui avancent de 10 à 20 mètres par jour, à l’aide de petits forets, de pelles ou à mains nues. Ils travaillent sous terre à 30, voire 40 mètres de profondeur, et sont alimentés en électricité, eau, air et oxygène pour éviter l’asphyxie. La visite d’un de ces tunnels révèle une structure planifiée, soutenue par des panneaux et des arches en ciment. Cela ne fait pas de doute, les creuseurs sont courageux et risquent leur vie.

Le tunnel que j’ai visité fait près de 2 kilomètres de long et a été construit par le Jihad islamique palestinien (JIP), un groupe moins important que le Hamas, qui dirige Gaza d’une main de fer depuis son arrivée au pouvoir par un coup d’État militaire ayant renversé l’Autorité Palestinienne en 2007.

Naviguer sous terre dans la bonne direction n’est pas une tâche facile. Et la bonne direction, c’est Israël.

Le creusement de tunnels a été l’une des spécialités du Hamas à Gaza. Les tunnels ont deux fonctions. L’une consiste à faire passer clandestinement des marchandises et des armes du Sinaï – avec l’aide de la branche locale d’ISIS – à Gaza. Le second objectif est d’emprunter ces tunnels pour s’infiltrer en Israël.

Les tunnels ont été, avec les roquettes, les mesures stratégiques les plus importantes dirigées contre Israël. Au cours de la dernière guerre (“Opération Bordure Protectrice”) à l’été 2014, le Hamas a réussi à surprendre Tsahal en pénétrant à deux reprises en Israël par les tunnels, causant à la fois des pertes et des dégâts. A la fin de la guerre, qui a duré près de deux mois, les Forces de Défenses Israéliennes avaient découvert et détruit 31 tunnels.

Dans certains cercles israéliens, principalement parmi les politiciens, les tunnels ont été présentés comme la plus grande menace militaire et psychologique, en prévision d’une nouvelle série d’hostilités avec Gaza. Tsahal était moins inquiet, mais a dû céder aux craintes du public et à la pression des politiciens.

C’est ainsi qu’après plus de 10 ans d’ignorance et de négligence, Tsahal et le Ministère de la Défense se sont attaqués au défi des tunnels.

Les contre-mesures des Forces de Défenses Israéliennes portent sur trois domaines. Avec le Shin Bet (l’Agence Israélienne de Sécurité, chargée de la lutte contre le terrorisme et qui inclut également Gaza), la collecte de renseignements sur les tunnels s’est considérablement améliorée. D’autres enquêtes, ainsi que la détention d’agents du Hamas, ont permis à Israël de mieux comprendre et mieux connaître la manière dont les tunnels sont creusés, et leurs emplacements.

La deuxième mesure est d’ordre technologique. Le Ministère de la Défense a sous-traité avec Elbit, l’un des principaux fabricants d’armes israéliens, la mise au point de capteurs permettant de détecter les trous.

La troisième mesure – la plus ambitieuse et la plus coûteuse (près d’un milliard de dollars) – est la construction d’une barrière ou d’un mur souterrain. Elle est composée d’une combinaison de panneaux de ciment et de bentonite, renforcés par des tiges de fer et protégés par des barres imperméables. Chaque panneau comporte des parties creuses munies de capteurs et de dispositifs de surveillance permettant de détecter le creusement de tunnels.

Ces panneaux sont insérés (ou glissés) profondément (la profondeur exacte est un secret militaire) à des dizaines de mètres de profondeur. Lorsque les travaux seront achevés, d’ici juin 2019, toute la frontière avec l’enclave de Gaza (65 km) sera entourée par cette barrière. Au-dessus du sol, elle est complétée par une clôture de 6 mètres de haut avec caméras, capteurs et tours d’observation. Bien qu’encore à un stade précoce (jusqu’à présent, seuls 4 km ont été construits), les efforts conjugués se sont avérés très efficaces.

Depuis la dernière guerre, Israël a déjà découvert sept nouveaux tunnels – cinq à l’intérieur du pays, dont celui que j’ai visité – et deux autres, selon des sources palestiniennes à Gaza.

Les officiers supérieurs de Tsahal et les ingénieurs du Ministère de la Défense estiment qu’une fois les travaux terminés, il sera quasi impossible de franchir la barrière par les tunnels sans être détecté.

Les dirigeants militaires et politiques du Hamas réalisent qu’Israël a trouvé la solution pour priver le Hamas de l’un de ses outils militaires stratégiques les plus importants.

On estime que le Hamas a dépensé ces dernières années des centaines de millions de dollars pour son projet de tunnels d’attaque. La majeure partie de l’argent provenait d’Iran, qui continue à investir près de 100 millions de dollars par an pour militariser Gaza. Les deux bénéficiaires de la générosité iranienne sont le JIP – qui bien que sunnite, est piloté par l’Iran chiite et récupère entre 30 et 40 millions de dollars – tandis que le reste va au Hamas.

“Le Hamas se rend compte que dépenser davantage d’argent sur le projet des tunnels d’attaque sera un gaspillage d’argent”, m’a indiqué un officier supérieur de Tsahal. “Tôt ou tard, le Hamas et le JIP cesseront de creuser des tunnels en direction d’Israël”, ajoutant que ces derniers mettront en avant “une nouvelle doctrine de guerre en modifiant leurs efforts militaires – réflexion, argent, énergie et équipement – pour mettre en place des outils de rechange”.

Parmi ceux-ci, on estime qu’ils tenteront de mettre au point une nouvelle unité aérienne équipée de petits drones et quadcoptères artisanaux, achetés sur les marchés civils, démontés, introduits clandestinement à Gaza et remontés sur place. Déjà au cours de la dernière guerre, le Hamas avait piloté deux quadcoptères, abattus par l’armée de l’air israélienne (IAF). Depuis, le Hamas a intensifié ses efforts dans ce domaine.

D’autres domaines d’intérêt, pour le Hamas, seront la mise à niveau de ses capacités maritimes, en particulier les plongeurs sous-marins – qui ont également été utilisés pour la première fois pour tenter de surprendre Israël, pendant la guerre de 2014 – et la formation d’unités de commandos, chargées d’attaquer les positions militaires israéliennes et les communautés rurales le long de la frontière, pour compenser la perte des tunnels.

Les deux parties continuent à s’armer et à se préparer pour un prochain round mais, selon les estimations des services de renseignements israéliens, le Hamas n’ a aucune intention ou intérêt à déclencher une nouvelle guerre. Néanmoins, deux scénarios pourraient conduire au déclenchement d’une guerre.

L’un est une erreur de calcul, comme cela s’est produit à l’été 2014. L’autre est l’effondrement socio-économique de Gaza, qui par désespoir et frustration, pourrait pousser le Hamas à déclencher une guerre dans une folie dépressive semblable à celle de Samson – “Laissez-moi mourir avec les Philistins !”

Gaza, avec sa superficie de 365 km2 et sa population de 2 millions d’habitants – 60 % ont moins de 30 ans – est l’une des régions les plus peuplées et les plus pauvres du monde. Selon une étude de l’ONU, 63,1 % des habitants de Gaza vivent en-dessous du seuil de pauvreté de l’ONU, ce qui représente un revenu inférieur à 3 dollars par jour et par habitant. 2017 a été la pire année économique des dix dernières années à Gaza.

Le taux de chômage avoisine les 50 %. Environ 95% de son eau n’est pas potable. L’électricité n’est disponible que 4 à 5 heures par jour. Les égouts sont à l’air libre. Le risque de propagation des épidémies est élevé et il est clair que ni les eaux usées ni les épidémies ne s’arrêteront à la frontière.

L’armée israélienne est pleinement consciente que Gaza est au bord d’une catastrophe humanitaire. Mais l’échelon militaire supérieur est divisé sur la bonne solution à adopter. Certains affirment qu’Israël doit permettre une reprise économique rapide de Gaza en lançant de grands projets, tels que la construction d’un port sur une île artificielle à un kilomètre de la côte, et la construction d’une centrale électrique et d’une station de dessalement de l’eau.

Mais d’autres, incluant le chef du Commandement du Sud, le général de division Eyal Zamir, pensent qu’avec un peu plus de pression, le Hamas cédera aux conditions israéliennes préalables à toute assistance économique. Israël exige du Hamas qu’il démantèle ses armes et accepte la démilitarisation, qu’il libère deux prisonniers civils israéliens et rendent les corps de deux soldats. Ce point de vue militaire à court terme est soutenu par le Gouvernement, et en particulier par le Ministre de la Défense, Avigdor Liberman.

Lorsqu’en 2005, Israël s’était retiré de la bande de Gaza, démantelant ses implantations et réinstallant 7.000 citoyens, certains espéraient que Gaza devienne un deuxième Singapour. Désormais, il semble qu’elle soit sur le point de devenir une région en déliquescence comme la Somalie. Et une fois que cela se produira, ce sera avant tout un problème israélien.

“Gaza ne sera jamais Singapour, mais il n’est pas nécessaire que ce soit la Somalie”, a conclu l’officier.

Source. Traduction et adaptation Nitzotz – JSSNews

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7 Comments

  1. trublion dit :

    yen a qui embellissent leur villes et construisent l’infrastructure à la surface et d’autres sous terre dans des tunnels en dessous. Il y a la place pour chacun sur cette terre, c’est varié.

  2. trublion dit :

    joli tunnel, on peut voir beaucoup de choses sur une photo.
    il y a ce qui semble être des cornières en aciers dans les 4 côtés, j’imagine, le tunnel est construit avec des éléments préfabriqués, dalle de béton coulée en atelier, ces cornières servent à fixer entre eux les éléments préfabriqués. ils ne connaissent pas le béton d’ancrage et les fers en attente et clavage, primitif.
    la structure à droite est une échelle artisanale. c’est un puits d’accès vertical.
    à vue de nez, en proportion avec la lampe de poche qui éclaire, la dimension est de 80 x 120 cm2 environ.

  3. MK dit :

    Tunnels financés avec l’aide Européenne et nos impôts (je vis en FRANCE) !

  4. danielka dit :

    Ils creusent leur tombe . ils perfectionnent leur amour pour la mort.

  5. danielka dit :

    avis au modérateur ; Pourquoi me mettez vous en modération? de plus je ne pense pas avoir déjà écrit ce commentaire, et si je l’ai fait, c’est que je n’ai pas changé d’avis à ce sujet.

    • Gally dit :

      Vous êtes en modération parce que vous n’avez pas assez de commentaires validés. JSSNews étant un pot à miel pour les trolls, cette règle s’applique automatiquement à toute personne n’ayant pas atteint un quota volontairement élevé de commentaires validés.

  6. Amram dit :

    Construire un tunnel a Gaza est a la fois facile et très dangereux, facile car ce n’est que du sable, dangereux ça se comprend, il faut sans cesse charpenter pour éviter les éboulements. Les tunnels sont construits par un clan, une grande famille Gazaouite, qui règne avec férocité sur ce domaine réservé a cette famille et qui lui rapporte des sommes considérables, chaque grande famille règne en maître sur un domaine économique spécifique, ils leurs est complètement égale de ce qui arrive a la population, seul le clan compte, chaque clan a sont roitelet qui veille au grain, d’ou, des crimes commis chaque jour dans le secret le plus total entre les clans. l’ennemi(Israël) n’est qu’une façade, ils n’ont aucun intérêt a ce que le conflit cesse, d’ou les attaques de missiles et les attentas commis contre Israël pour entretenir le conflit, sachant pertinemment qu’ils n’ont pas le moindre chance de gagner une bataille, beaucoup d’argent est en jeu dans le monde entier et surtout les chefs du BDS qui en profite sur le dos de la population de Gaza et sur les idiots très utiles occidentaux qui manifestent et collaborent aveuglement avec les plus grands bandits de la terre.

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